Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

Et vous, dites-vous tout ? - Voulez-vous savoir ?

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Et vous, dites-vous tout ? - Voulez-vous savoir ?

 

 

J'ai publié un article récemment intitulé Doit-on tout dire ? sans aucune arrière pensée ni même penser à lire autant de réactions un peu partout sur internet. Ma surprise est d'autant plus grande que le trafic sur mon site n'a jamais eu autant d'audience même pendant le #ChallengeAZ ! Des commentaires, j'en reçois de partout, de tout le monde, avec des réponses variées en fonction des expériences vécues. Moi qui pensais que la généalogie s'arrêtait au simple recensement de dates, et bien non ! Que de raconteurs d'histoires de familles ! J'en suis bien content, je découvre même des non-dits au travers de ces messages, c'est étonnant, on dirait que tout le monde veut me raconter son histoire.

Mais il y a aussi l'autre côté de la question : ceux qui veulent savoir comme ceux qui ne veulent pas savoir, intéressant !

À la vue de tout ça, j'ai envie de poursuivre la discussion dans un futur article, prendre le pouls de la grande famille généalogique, je suis sûr que je ne serai pas seul à en tirer des conclusion. Alors je vous propose ce vote, et comme tous les votes il est loin d'être parfait ! Chacun peut répondre

Je dis tout à tout le monde - 0%
Je ne le dis qu'à ma famille proche (événement âgé) - 3.6%
Je ne le dis qu'à ma famille proche (événement récent et âgé) - 28.6%
Je ne le dis pas mais je m'assure de le transmettre plus tard - 7.1%
Si je le dis à un non membre, je ne révèle qu'un vieil événement - 28.6%
Si je le dis à un non membre, je révèle tout quelque soit la date et le fait - 3.6%
Je veux qu'on me dise tout (d'un membre de la famille ou non) - 25%
Seul un membre de ma famille peut m'en parler - 0%
Je ne veux pas qu'on me le dise - 3.6%

Doit-on tout dire ?

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Doit-on tout dire ?

 

 

Le sujet est délicat, du moins la réponse à la question dont dépend son auditoire et de la proximité avec lui : un généalogiste est un chercheur, un curieux, un fouineur, et parfois le généalogiste trouve des choses qui sortent de l'ordinaire, des tabous de familles, des choses non avouées, une honte ou une tare de famille. Tout généalogiste ayant un minimum de pratique et d'expérience trouve des choses dont il se pose toujours la même question : dois-je le dire ou non ? Chut sur tout ce qui n'est pas permis ni pas convenable...

La question semble simple et la réponse complexe à donner. En fait non, à qui s'adresse votre trouvaille ? À quand remonte l'événement ? entre le c'est tellement cocasse de montrer qu'un ancêtre a fait de la prison pour vol de poules au dix-huitième siècle, et, cousin Paul, la honte de la famille, a fait de la prison pour vol au dépanneur (*) du coin, pourtant les faits sont identiques : c'est du vol dans les deux cas ! Ça pourrait être pire, un ancêtre au dix-septième siècle a été banni de Québec pour inceste, et, oncle Paul est religieux et a eu des attouchements avec de jeunes pensionnaires. Vous voyez la différence ? Il n'y a en a pas dans les faits mais qui connait ou a connu personnellement le premier ? personne, c'est un événement historique connu et reconnu de tous, c'est dans la mémoire de la région ou de la province. Mais qui connait oncle Paul ? bien tout le monde de la famille car oncle Paul est vivant, c'est un proche direct, il a fait la une des journaux, la honte contemporaine familiale. Vous voyez le contexte ?

Maintenant que les faits sont exposés, comment répondre à la question Dois-je tout dire ? Moi je tiens le raisonnement suivant que je pourrai illustrer de cette façon :

  • Si le fait est trop loin dans le temps dont aucun contemporain n'a connu la personne, il sera dévoilé quelque soit mon auditoire, c'est à dire la famille proche, la famille éloignée ou une personne n'ayant aucun rapport avec moi.
  • Si le fait est récent, il ne sera pas dévoilé sous forme écrite mais la personne figurera en tant que tel dans un arbre ou un livre. Son nom et ses événements majeurs (naissance, baptême, mariage, décès et/ou inhumation) apparaitront, après tout c'est un être humain, mais c'est tout, son histoire ne sera pas mise par écrit de ma part.

J'ai personnellement eu plusieurs cas dont le plus connu du Québec est certainement celui d'Abraham Martin, il est ancêtre de ma fille et d'un très grand nombre de québécois de souche. Sa réputation a été faite pour un cas de conduite incorrecte sur une jeune fille. Il a beau être un ancêtre que l'événement s'est passé il y a trop longtemps pour qu'on ne soit trop touché. Je ne dis pas pour autant que le fait soit louable, on s'entend bien là-dessus... mais je le relate facilement ici comme bien d'autres l'ont fait et le referont encore.

Les autres cas sont moins drôles, je ne vous dévoilerai pas ce que j'ai trouvé par souci de confidentialité, et oui, tant pis pour les lecteurs de potins ! J'ai deux cas récents de contemporains qui m'ont fait posé la même question :

  • Le premier pour une amie dont sa famille s'est éloignée du reste de la sienne suite à une chicane. Malheureusement cette séparation a fait que les cousins entre eux ne se connaissent pas. Mon amie voulait donc connaître un peu plus sur ses cousins. Je pars donc à la recherche jusqu'à ses grands-parents, points communs, et là arrive le fait inavouable, la grand-mère a une réputation dont je je sais pas si mon amie est au courant ! Je ne mentionne que les faits ordinaires de la grand-mère, elle n'apparait que dans l'arbre et c'est tout. Mais ma curiosité me pique quand je lui remets mes travaux, je lui demande indirectement si elle connait bien sa grand-mère ? elle devine rapidement mon questionnement et me lance que oui, elle sait tout de son passé et de sa réputation. Ouf heureusement car je n'avais pas de plan B, comment aurai-je dévié le sujet pour qu'elle n'ait pas plus de questionnement ?
  • Le second pour une cousinade assez éloignée, c'est un cas délicat, quelques membres de la familles sont au courant, pas les autres, il ne faut pas le dire, alors je ne dirai rien, seule sa naissance apparaitra. Ce cas fera parti de l'histoire dans quatre cents ans et sera relaté par un autre généalogiste que moi ! Il est hors question d'en parler car je suis sûr que cela va soulever des questions et une rencontre désagréable. C'est dur la vie de généalogiste dans ce cas, car comme tous les généalogistes, on aime raconter...

Il y a des cas remontant à deux ou trois générations qui perdurent causant la séparation de branches, ceux-là aussi sont à considérer avec les proches. Ne mettez pas le feu au poudre en dévoilant un acte notarié de donation qui n'est pas à la faveur d'une branche surtout si votre but est de réconcilier ce beau monde avec votre généalogie. Chaque cas peut être particulier, mais dans le principe, tout ce qui est toujours vivant dans la mémoire des individus ne doit pas être ressorti.

Ma conclusion : ne mentionnez pas des cas contemporains délicats à des contemporains. Seuls eux peuvent vous permettent d'en parler mais pas de les mettre par écrit, c'est l'histoire qui le fera si elle ne les a pas oubliés. C'est le même principe éthique que de dévoiler des données personnelles à autrui.

Articles en relation :

Is There A “Right” To Do Genealogy? – Open Thread Thursday (**)

Doit-on parler du passé, première partie

Doit-on parler du passé, seconde partie

 

(*) Dépanneur : Nom masculin. Au Québec, un dépanneur est un petit magasin d'alimentation dans lequel on trouve tout pour dépanner pour les nécessités de la vie quotidienne.

(**) Si mon article est paru le même jour que celui de Thomas MacEntee, c'est purement le fruit du hasard.

  Et vous, dites-vous tout ?

 

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