Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

L'aide des archives pour illustrer une généalogie

Imprimer

L'aide des archives pour illustrer une généalogie

 

 

(Tableau de Jan II BRUEGHEL - La rixe des paysans)

La généalogie n'est pas qu'un dictionnaire d'individus, c'est aussi connaître leur vie, leurs biens, leurs affaires courantes. Ce qu'ils ont connus au jour le jour et pas seulement le cadre historique. Les archives du Québec sont riches de documents et ce pratiquement depuis le début de la colonisation de l'Amérique du Nord.

Les archives de la prévôté de Québec en sont un bel exemple puisque pour chaque conflit entre personne, tout y est centralisé et traité, pas seulement les vols ou les meurtres, mais les affaires de jalousie, de sexe, de rixes, etc. Les deux causes (attaque et défense) sont toujours présentes devant un juge, sinon l'affaire est reportée. La prévôté est la justice royale mise en place en Nouvelle-France à partir de 1663 par décision du roi de France Louis XIV avec la création du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Les archives sont disponibles dans toutes les Bibliothèque et Archives nationales du Québec et sur leur site internet B.A.n.Q.. Le site possède un moteur de recherche appelé PISTARD très efficace par nom ou par mot-clé.

J'ai trouvé un cas de conflit qu'on pourrait classer de comique à l'heure actuelle, mais à l'époque cela ne l'était pas, un conflit de voisinage n'est jamais bon pour les affaires, pour les mariages et pour les partages. Les personnes impliquées dans la rixe sont :

- D'une part la famille Travers : Joseph Travers, 12 ans, il a plusieurs frères et sœurs (François, Pierre, Jacques, Suzanne, Marie Louise, Marie Françoise) mais son père a disparu de vieillesse il y a quelques années (François Travers décédé en 1749 à l'âge de 69 ans) et sa mère veuve ne s'est pas remariée (Françoise Meunier dit Laframboise), trop occupée à finir d'élever sa marmaille.

- L'autre famille étant composée de Charles Levasseur, 14 ans, et de ses deux parents Charles Levasseur et Véronique Couture. Il n'a qu'une sœur.

Les personnes ayant participé à cette histoire ne font pas partie de ma généalogie mais j'aurai illustré une affaire qu'ils ont connue de cette façon :

Par une belle journée de novembre lorsque la froidure ne s'était pas encore installée à Québec, Maillotte et Charles jouent sur le bord du chemin, ce n'est pas la première fois qu'ils le font. Ils jouent aux jeux de garçon : à celui qui lancera une roche le plus loin possible, à celui qui tirera sur la corde plus vite pour déplacer une grosse branche d'arbre qui trainait à terre, puis à celui qui fera tomber l'un avant l'autre.

Joseph Travers venant d'une commission donnée de sa mère croise Maillotte et Charles qui s'affrontent. Charles sort vainqueur de la rixe et s'en prend à Joseph, plus petit et moins fort que Charles. Joseph se fit maltraité et réussi tant bien que mal à se défaire de Charles, il courut le plus vite qu'il pu en direction de la maison toujours poursuivi par Charles qu'en semblait être enragé. Joseph hurla tant qu'il pouvait pour appeler sa mère qui essuyait encore les coups.

Françoise Meunier vint au secours de son petit qui sépara Charles de son fils Joseph mais celui-ci ne se laissa pas faire. Suzanne, la fille de Françoise arriva au secours de sa mère tentant de la séparer de Charles. Cela dura quelques minutes avant que Charles Levasseur père, et proche voisin, compris que son fils se faisait maltraiter par la famille Travers. Ni une ni deux, il couru à l'aide de son fils qui se trouvait en position d'infériorité ! Fou de colère, Charles père frappa Françoise Meunier sur la tête ainsi que la fille Suzanne. Charles poussa violemment Françoise qui tomba dans une mare.

Pierre Travers, autre fils de Françoise âgé d'une vingtaine d'année, qui arriva à la maison, vit sa mère se faire rouler dans la boue par Charles père. Quoi de plus naturel que Pierre vienne sortir sa mère de ce pétrin en tentant de repousser Charles. Mais celui-là n'avait pas vu arriver à son tour Geneviève Levasseur, la plus âgée des enfants de Charles, qui lui pris la main et lui mordit un doigt !

Charles qui se senti en infériorité, se dégagea de la situation et demanda à ses enfants de quitter les lieux. Quelques jours plus tard, Charles se dirigea vers la prévôté pour demander justice et réparation car il s'est senti lésé par cette affaire. Avouons que c'était plus par honte que par force qu'il l'obligeait à porter l'affaire devant un tribunal !

Françoise et ses enfants furent alors assignés pour motif : Requête présentée par Charles Levasseur et Véronique Couture, sa femme, à l'effet que, conséquemment à une dispute entre le fils de la veuve Traverse, âgé de 12 ans, et le fils de Charles Levasseur, âgé de 14 ans, il se serait fait agressé par Françoise veuve Traverse, Suzanne et Françoise Traverse, ses deux filles et Joseph Traverse, son fils, en tentant de protéger son fils ; demandant l'assignation des susdits Traverse pour qu'il leurs soit fait défense d'injurier et de maltraiter le suppliant et sa famille, et qu'ils soient condamnés à payer les dommages, intérêts et dépens. 1

Le lieutenant général civil et criminel de la prévôté de Québec fut Monsieur Daine, il a écouté la requête de Charles Levasseur qui demande réparation. Le tour est maintenant à la défense par juge interposé à la demande de Françoise Meunier, la veuve Travers.

"Messire le lieutenant général,

L'affaire a commencé par des enfants lesquels jouant ensembles comme font d'ordinaire les enfants, la veuve Travers est venue pour secourir son enfant comme de droit humain. Charles Levasseur est venu et frappa la veuve Travers et ses deux filles qui ont encore la trace des coups sur la tête. Le tout n'est venu que par une dispute d'enfants dont le plus jeune a été le plus maltraité.
Ses sœurs venues à séparer les enfants tant par amitié humaine qui était opprimé par l'autre.

Messire, quelle gloire quel honneur pour un homme de venir frapper femme ou fille soit par mauvaise humeur ou mauvaise intention et en outre demander raison après être fautif de toute façon ? C'est un procès injuste et destitué de tout fondement.
Le tout provenant que par envie et inimitié qu'ils peuvent avoir en qualité de voisins comme n'en est exempt de jalousie". 2

Le lieutenant général donna son verdict : La famille Travers est acquittée !

 

Ceci n'est qu'un exemple qui viendrait parfaitement s'intégrer dans un livre de généalogie pour rendre plus vivant l'ensemble de l'ouvrage. D'autres cas sont bien plus fournis en documents, mais seuls quelques extraits bien choisis dans un résumé feraient tout aussi bien l'affaire. Dans tous les cas donnez vos sources et demandez l'autorisation à la B.A.n.Q. si vous voulez publier les documents originaux même si la B.A.n.Q. permet, sans autorisation particulière, l'utilisation des contenus de son portail Internet à des fins éducatives, d'étude privée ou de recherche, à la condition que la source des images ou des textes soit bien indiquée.

Sources :

1. B.A.n.Q

2. Le texte en italique est extrait du document original.

 

  Et vous, avez-vous des documents illustrant la vie des vos ancêtres ?

scroll back to top

Commentaires   

 
0 #1 Nicolas 15-01-2014 17:55
Je vais m'inspirer de cet exemple si je trouve des actes sur la BANQ !
Quelle bonne idée.
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

ChallengeAZ 2014

Le ChallengeAZ 2014 est annoncé pour juin 2014, en patientant vous pouvez toujours aller lire les articles de celui de 2013, ou mes articles.

Que se passe-t-il en avril ?

Avril est le mois du poisson, alors ne vous faites pas avoir... Mais d'où vient cette histoire ?

Avril est aussi le mois des ancêtres...

GeneaBloggers

Ce blog est référencé dans