Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

J'arrête la généalogie

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J'arrête la généalogie !

 

Ensiferum, Symbols
Album : Unsung Heroes

 

Il faut considérer la fin de toutes choses.
Citation de Hérodote ; Œuvre : Histoires, I, 32 - Ve s. av. J.-C.

 

Je crois que j'ai fini de chercher mes ancêtres.

J'ai fait le tour et je ne pense pas trouver d'avantage de documents qui viendraient étoffer ce que j'ai déjà.

J'ai parcouru des milliers de kilomètres pour aller dans des salons, des congrès, des présentations, rencontrer d'autres généalogistes.

J'ai participé de proche et de loin à des émissions, à des revues, à des forums, à des tests et bêta-tests.

J'ai reçu des conseils et des astuces, mais j'en ai donnés aussi.

J'ai lu des milliers d'articles, j'en ai écrits aussi, mais pas autant.

J'ai passé des heures les yeux rivés sur l'écran, sur les lecteurs de microfilms, dans les vieux papiers.

J'ai attendu patiemment des mises en ligne, des demandes d'aide, des demandes de copies d'actes des mairies. Pendant ces temps j'aidais d'autres généalogistes.

J'ai parcouru les allées des bibliothèques, des archives et des cimetières.

J'ai aussi passé des heures à identifier mes ancêtres, à décoder de mauvaises écritures, à décortiquer des énigmes, à retranscrire, à enregistrer leurs événements.

J'ai rencontré des murs et des culs-de-sac, des trous et des incohérences, des illégitimes et des ribambelles de rejetons.

J'ai eu beaucoup de plaisir à les chercher, les tracer, les documenter.

J'ai rêvé à mes ancêtres et imaginé leurs histoires.

J'ai trouvé des malheureux sans le sou, des bien nantis et bien heureux.

J'ai rencontré des terriens et des marins, des nobles et des roturiers.

J'ai rencontré des malmenés par les guerres, par les épidémies, par les sècheresses ou par les rudes hivers pour seule chaleur un foyer à bois dans la cuisine centrale.

J'ai rencontré des aventuriers, ou plutôt des déplacés contre leur gré ou par la force des choses, mais aussi des sédentaires sans prétention.

J'ai rencontré des femmes et enfants sans mari ni père, des orphelins placés et des familles d'accueil.

J'ai rencontré des familles soudées et aidantes.

J'ai bâti un arbre aux milles branches ornées de belles feuilles et surtout avec des racines solides.

J'ai trouvé ma place dans cet arbre en apportant mes feuilles.

J'ai rédigé mon histoire pour la laisser aux générations futures, elle est maintenant dans un endroit sûr.

Je considère que j'ai fini notre histoire, celle de mes ancêtres et la mienne, alors voilà.. c'est décidé... j'arrête la généalogie...

 

Me croyez-vous ?...

L'aide des archives pour illustrer une généalogie

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L'aide des archives pour illustrer une généalogie

 

 

(Tableau de Jan II BRUEGHEL - La rixe des paysans)

La généalogie n'est pas qu'un dictionnaire d'individus, c'est aussi connaître leur vie, leurs biens, leurs affaires courantes. Ce qu'ils ont connus au jour le jour et pas seulement le cadre historique. Les archives du Québec sont riches de documents et ce pratiquement depuis le début de la colonisation de l'Amérique du Nord.

Les archives de la prévôté de Québec en sont un bel exemple puisque pour chaque conflit entre personne, tout y est centralisé et traité, pas seulement les vols ou les meurtres, mais les affaires de jalousie, de sexe, de rixes, etc. Les deux causes (attaque et défense) sont toujours présentes devant un juge, sinon l'affaire est reportée. La prévôté est la justice royale mise en place en Nouvelle-France à partir de 1663 par décision du roi de France Louis XIV avec la création du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Les archives sont disponibles dans toutes les Bibliothèque et Archives nationales du Québec et sur leur site internet B.A.n.Q.. Le site possède un moteur de recherche appelé PISTARD très efficace par nom ou par mot-clé.

J'ai trouvé un cas de conflit qu'on pourrait classer de comique à l'heure actuelle, mais à l'époque cela ne l'était pas, un conflit de voisinage n'est jamais bon pour les affaires, pour les mariages et pour les partages. Les personnes impliquées dans la rixe sont :

- D'une part la famille Travers : Joseph Travers, 12 ans, il a plusieurs frères et sœurs (François, Pierre, Jacques, Suzanne, Marie Louise, Marie Françoise) mais son père a disparu de vieillesse il y a quelques années (François Travers décédé en 1749 à l'âge de 69 ans) et sa mère veuve ne s'est pas remariée (Françoise Meunier dit Laframboise), trop occupée à finir d'élever sa marmaille.

- L'autre famille étant composée de Charles Levasseur, 14 ans, et de ses deux parents Charles Levasseur et Véronique Couture. Il n'a qu'une sœur.

Les personnes ayant participé à cette histoire ne font pas partie de ma généalogie mais j'aurai illustré une affaire qu'ils ont connue de cette façon :

Par une belle journée de novembre lorsque la froidure ne s'était pas encore installée à Québec, Maillotte et Charles jouent sur le bord du chemin, ce n'est pas la première fois qu'ils le font. Ils jouent aux jeux de garçon : à celui qui lancera une roche le plus loin possible, à celui qui tirera sur la corde plus vite pour déplacer une grosse branche d'arbre qui trainait à terre, puis à celui qui fera tomber l'un avant l'autre.

Joseph Travers venant d'une commission donnée de sa mère croise Maillotte et Charles qui s'affrontent. Charles sort vainqueur de la rixe et s'en prend à Joseph, plus petit et moins fort que Charles. Joseph se fit maltraité et réussi tant bien que mal à se défaire de Charles, il courut le plus vite qu'il pu en direction de la maison toujours poursuivi par Charles qu'en semblait être enragé. Joseph hurla tant qu'il pouvait pour appeler sa mère qui essuyait encore les coups.

Françoise Meunier vint au secours de son petit qui sépara Charles de son fils Joseph mais celui-ci ne se laissa pas faire. Suzanne, la fille de Françoise arriva au secours de sa mère tentant de la séparer de Charles. Cela dura quelques minutes avant que Charles Levasseur père, et proche voisin, compris que son fils se faisait maltraiter par la famille Travers. Ni une ni deux, il couru à l'aide de son fils qui se trouvait en position d'infériorité ! Fou de colère, Charles père frappa Françoise Meunier sur la tête ainsi que la fille Suzanne. Charles poussa violemment Françoise qui tomba dans une mare.

Pierre Travers, autre fils de Françoise âgé d'une vingtaine d'année, qui arriva à la maison, vit sa mère se faire rouler dans la boue par Charles père. Quoi de plus naturel que Pierre vienne sortir sa mère de ce pétrin en tentant de repousser Charles. Mais celui-là n'avait pas vu arriver à son tour Geneviève Levasseur, la plus âgée des enfants de Charles, qui lui pris la main et lui mordit un doigt !

Charles qui se senti en infériorité, se dégagea de la situation et demanda à ses enfants de quitter les lieux. Quelques jours plus tard, Charles se dirigea vers la prévôté pour demander justice et réparation car il s'est senti lésé par cette affaire. Avouons que c'était plus par honte que par force qu'il l'obligeait à porter l'affaire devant un tribunal !

Françoise et ses enfants furent alors assignés pour motif : Requête présentée par Charles Levasseur et Véronique Couture, sa femme, à l'effet que, conséquemment à une dispute entre le fils de la veuve Traverse, âgé de 12 ans, et le fils de Charles Levasseur, âgé de 14 ans, il se serait fait agressé par Françoise veuve Traverse, Suzanne et Françoise Traverse, ses deux filles et Joseph Traverse, son fils, en tentant de protéger son fils ; demandant l'assignation des susdits Traverse pour qu'il leurs soit fait défense d'injurier et de maltraiter le suppliant et sa famille, et qu'ils soient condamnés à payer les dommages, intérêts et dépens. 1

Le lieutenant général civil et criminel de la prévôté de Québec fut Monsieur Daine, il a écouté la requête de Charles Levasseur qui demande réparation. Le tour est maintenant à la défense par juge interposé à la demande de Françoise Meunier, la veuve Travers.

"Messire le lieutenant général,

L'affaire a commencé par des enfants lesquels jouant ensembles comme font d'ordinaire les enfants, la veuve Travers est venue pour secourir son enfant comme de droit humain. Charles Levasseur est venu et frappa la veuve Travers et ses deux filles qui ont encore la trace des coups sur la tête. Le tout n'est venu que par une dispute d'enfants dont le plus jeune a été le plus maltraité.
Ses sœurs venues à séparer les enfants tant par amitié humaine qui était opprimé par l'autre.

Messire, quelle gloire quel honneur pour un homme de venir frapper femme ou fille soit par mauvaise humeur ou mauvaise intention et en outre demander raison après être fautif de toute façon ? C'est un procès injuste et destitué de tout fondement.
Le tout provenant que par envie et inimitié qu'ils peuvent avoir en qualité de voisins comme n'en est exempt de jalousie". 2

Le lieutenant général donna son verdict : La famille Travers est acquittée !

 

Ceci n'est qu'un exemple qui viendrait parfaitement s'intégrer dans un livre de généalogie pour rendre plus vivant l'ensemble de l'ouvrage. D'autres cas sont bien plus fournis en documents, mais seuls quelques extraits bien choisis dans un résumé feraient tout aussi bien l'affaire. Dans tous les cas donnez vos sources et demandez l'autorisation à la B.A.n.Q. si vous voulez publier les documents originaux même si la B.A.n.Q. permet, sans autorisation particulière, l'utilisation des contenus de son portail Internet à des fins éducatives, d'étude privée ou de recherche, à la condition que la source des images ou des textes soit bien indiquée.

Sources :

1. B.A.n.Q

2. Le texte en italique est extrait du document original.

 

  Et vous, avez-vous des documents illustrant la vie des vos ancêtres ?

À la mémoire du soldat Alexander Johnston

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À la mémoire du soldat Alexander Johnston

décédé le 29 septembre 1918

 

Alexander Johnston - Hamilton, Ontario

Service militaire 1  :

Numéro matricule : 3106416
Âge : 33
Force : Armée
Unité : Canadian Infantry (Manitoba Regiment)
Division : 78th Bn.

Alexander Johston est le fils de William Boyd Johnston et Margaret (Maggie) Malcolm Johnston, il est né le 20 août 1885 à Coatridge, comté de Lanarkshire en Écosse. William et Margaret avait l'intention d'avoir une famille biblique 2, c'est à dire d'avoir onze enfants et ils les ont eus. Margaret est décédée le 3 Octobre 1894 à l'âge de 43 ans 3  quelques jours après la naissance de David.
Margaret a eu l'idée de créer un livre de famille qu'elle appela la bible familiale lors de son mariage le 27 novembre 1868 (Kilsyth, Stirlingshire, Écosse), elle y mit tous les actes des naissances et aussi des décès de ses enfants qui mourus jeunes. C'est Jessie, la fille de William et de Maggie, qui s'en occupa après la mort de sa mère 2.
Coatbride est une ville industrielle à l'est de Glasgow qui a connu un essor fulgurant grâce à l'industrie du charbon et du fer, mais aussi sa population s'est vue croître de 600% en un temps record. Les îlots d'habitations minuscules poussant ça et là mais de manière ordonnée et en rangées comme sait le faire l'empire britannique.
Seulement voilà, William, père d'Alexander n'est pas un ouvrier de l'industrie de son temps, il est menuisier, il a toute une famille à nourrir, il a besoin d'espace !
Robert, un des fils de William, quitte l'Écosse en 1911 4 pour le Canada et s’établit à Hamilton en Ontario jouant le rôle d'éclaireur pour le reste de la famille. Il s'y plaît et une partie de la famille suivra l'année suivant en 1912. Willam, Jessie, Alexander et George quitteront Glasgow avec le bateau RMS Hesperian 5 de la compagnie Allan Line et arrivent à Québec le 29 juillet 1912.
 

(Carte postale du RMS Hesperian 1910)
 
Extrait de la liste des passagers arrivés à Québec le 29 juillet 1912 par l'Hesperian
 (Ancestry.ca Source 5)
 
12 013864  Johnston 76675 Wm B   65                       Joiner
13                                     Jessie                              Housekeeper
14                                     Alex     26                         Boilermaker
15                                     George 23  Hamilton  Ont   Machinist
 
La famille rejoint Roger et fait construire une maison dans la rue Mc Anulty à Hamilton (Ontario), au numéro 142. C'est proche de la gare centrale des trains de marchandises et du lac Ontario, mais loin du centre ville. Les terrains ne sont pas chers et le coût des maisons au centre ville est trop élevé pour la famille fraîchement arrivée. Leurs voisins seront d'autres Johnson, des Little, Woodland, Barlow, Caudden, Simpson, Taylor, Corrigan, soient d'autres écossais, anglais et irlandais 4.
 
Recensement canadien 1921 - Hamilton, Ontario
 (Ancestry.ca Source 4)
 
  Dewling #  House #  Name   Township City Own/Rent  Rel to Head
 Sex
 Situation
 Age
 Birth Place
 Year Imm
7 59 64 Johnston William B  142 McAnulty  
Ham 
O  Head M M 75 Scot 1912
8   "
"            Jessie
" " -  Daughter F S 40 Scot 1912
9   "
"            George
" " -  Son M S 32 Scot 1912
10   "
"            Robert " " -  Head M M 30 Scot 1911
11   "
"            Jennie
" " -  Wife F M 29 Scot 1913
12   "
"            William B " " -  Son M S 1 O -
13   "
Cook John " " -  Boarder M S 24 Scot 1920


L'année 1914 est frappée par l'entrée en guerre des pays européens, le Canada soutient le dominion anglais, d'ailleurs certains canadiens iront se battre sous la bannière de l'Union Jack. Seulement voilà, la guerre n'en finit plus, le Canada instaure la conscription en 1917 car le nombre de soldats volontaires ne fournit pas assez les rangs des premières lignes. La majorité des militaires de la conscription étaient en faveur du Premier ministre de l'époque Robert Laird Borden, c'est-à-dire les anglophones y compris les immigrés.
 
Alexander fait parti de la conscription, il n'est pas marié et n'a pas d'enfant. Sa fiche médicale d'incorporation est établie le 6 décembre 1917, de là on apprend que de son métier de chaudronnier (boilermaker) à son arrivée à Québec il est devenu homme à tout faire (handyman) ; il fait 5 pieds 9 pouces (1,67 m), tour de poitrine de 37 pouces (93 cm), le teint pâle, cheveux et yeux bruns, vacciné étant enfant (une trace au bras gauche), acuité visuelle 30 à droite et 20 à gauche, il entend normalement.
Il est appelé sous les drapeaux le 5 janvier 1918 et fera son incorporation à Hamilton.
 
(Bibliothèque et Archives Canada - Source 6)
 
Il prendra le matricule 3106416 et sera versé au 1er dépôt 2nd bataillon des Forces Expéditionnaires Canadiennes, il signe son testament (Wills) reconnaissant être celui-ci comme étant le dernier annulant tout précédant s'il y a lieu. Il nomme son père William comme étant bénéficiaire de tous ses biens.
 
(Bibliothèque et Archives Canada - Source 6)

 
À partir de ce moment tout s’enchaine rapidement, il quitte le Canada à Halifax (Nouvelle-Écosse) sur le S.S. Scandinavian le premier février 1918 et arrive à Liverpool en Angleterre le 16 février 1918 avec le 2nd bataillon.
 
 
 (Le S.S. Scandinavian - Canada's Naval History)
 
Le 26 février il est versé dans le 26ème régiment de réserve à Sandling suivre sa préparation militaire pendant quelques semaines avant d'être versé temporairement au 54ème bataillon à Witley. Les militaires canadiens se plaignent de la qualité et de la quantité de la nourriture qui leur est fournie, ils ne sont pas habitués à ces maigres rations pourtant le Canada connaît aussi la disette depuis le milieu de la guerre. La présence de cantines payantes permet aux soldats de suppléer à leurs rations.
 
 
(Camp d'entrainement et cantine de Witley - Sud Angleterre - Source 7)
 
Le 19 août il incorpore le 54ème bataillon (54th Bn Kootenay - Battalian Infantery - 4th Canadian Division 8) et est envoyé au front la première fois. Il porte de le grade de soldat (Private - Pte).
Le 21 août il incorpore le 78ème bataillon (78th Bn Winnipeg Grenadier - Battalian Infantery - 4th Canadian Division 8).
 
Parcours militaire d'Alexander
 
 
(Bibliothèque et Archives Canada - Source 6)
 
 
Pendant la bataille du Canal-du-Nord, qui a eu lieu au cours des 100 derniers jours de la Première Guerre mondiale, la région de Raillencourt-Sailly a été prise par la 4e Division canadienne vers la fin de Septembre et début Octobre 1918. Le 78e Bataillon a été chargé de prendre les villages de Sailly et de Raillencourt après le combat pour maitriser la ligne le long de la route de Douai-Cambrai. Après avoir traversé la route de Douai-Cambrai, le bataillon a essuyé des tirs de mitrailleuse lourde. 
Le 29 septembre il est tué sur le front pendant la bataille du Canal-du-Nord, une bataille qui a duré une centaine de jours et a finalement conduit à la fin du conflit. William Johnston père d'Alexander reçoit l'avis de décès avec la mention Killed in Action. Moins de deux mois plus tard, l'armistice est signé.
 
(Bibliothèque et Archives Canada - Source 6)

 
L'histoire d'Alexander aurait pu s'arrêter là, un oublié parmi tant d'autres, un oublié des descendants de ses frères et sœurs, on aurait dit l'oncle Alexander est mort pendant la guerre.
 
De son 78ème bataillon, il y eu 58 morts, dont 56 corps retrouvés et inhumés dans le cimetière de Sailly-lez-Cambrai. Il manque le corps d'Alexander et celui d'un autre militaire.
 
En 2008, comme cela arrive de temps en temps dans le nord de la France, les ossements d'un soldat ont été découverts dans le sol lors de la construction d'un nouveau développement de la construction à l'extérieur de la ville de Cambrai. Des insignes militaires de col du 78ème Bataillon avec la feuille d'érable étaient parmi les restes.
Alors commencèrent trois ans de travail de détective par le ministère de la Défense nationale incluant une recherche d'archives militaire et une recherche généalogique. Des échantillons d'ADN ont été prélevés dans l'os de la mâchoire. La recherche généalogique a identifié des personnes vivantes susceptibles de croiser les analyses ADN et d'identifier alors le corps.
Une correspondance ADN mitochondrial a montré que son plus proche parent survivant était Donald Gregory, un pilote de chasse de l'air à la retraite originaire de Hamilton (Ontario).

Donald Gregory, 78 ans, avait entendu parler d'Alexander Johnston d'une grand-tante (Jessie Johnston) qui était la sœur d'Alexander. Donald possède l'acte de naissance d'Alexander que Jessie avait conservé avec les autres documents familiaux et qui a donné le tout (la bible familiale) à la mère de Donald lorsque Jessie se sentait partir rejoindre les siens dans l'autre monde.

Donald Gregory et ses parents canadiens savaient peu de choses de la famille écossaise Johnston qu'a laissée derrière lui William quand il a immigré en Ontario en 1912.

 
La défense nationale canadienne a entrepris les démarches nécessaires pour que le corps d'Alexander reçoivent les honneurs qui lui sont dus, qu'il soit enterré parmi les militaires du 78ème bataillon, en présence de sa famille canadienne et écossaise. C'est arrivé le 25 octobre 2011 sous la pluie, à Sailly-lez-Cambrai.
 
La famille Gregory recevant le drapeau canadien (Donald Gregory et David Gregory en partant de la droite - Source 10)

L'arrière-petite-nièce du soldat Johnston, la caporale Ann Gregory, fille de Donald Gregory, est réserviste dans les Forces canadiennes et trompettiste, a joué de son instrument durant l'enterrement : «Je voulais rendre hommage au héros de ma famille en interprétant le mieux possible le "Dernier appel", a dit la caporale Ann Gregory. Il s'agit du moment le plus mémorable de ma carrière militaire et d'une expérience inoubliable pour toute ma famille.»


    
Ann Gregory jouant The Last Post - Inhumation d'Alexander Johnston le 25 octobre 2011 - Sailly-lez-Cambrai (France) - Source 10
 
Enterrement d'Alexander Johnston - Sailly-lez-Cambrai

 

 
Discour de David Sweet à la Chambre des Députés - Ottawa 26 octobre 2011

 

 
Ainsi s'achève l'écriture de la bible familiale 143 ans plus tard avec l'enterrement d'Alexander.
 
 
"May God bless his soul"
 
-------
 
Vous pouvez rendre hommage à tous les militaires et non militaires tués, blessés, à tous ceux qui ont défendu leurs droits, leurs avoirs et leur liberté comme l'a fait Alexander bien malgré lui. Jouez la musique ci-dessous et contemplez ce beau champ de coquelicots, pour se souvenir.
 
The Last Post - Archive.org
The last post at the Menin gate Ypres.
Recorded on May 11th 2008. "This daily tribute - performed by a team of local buglers - serves to honour the memory of the soldiers of the British Empire, who fought and died in the immortal Ypres Salient during the First World War."
 

Alexander Johnston parmi les siens.
 
 
Nous sommes en novembre le mois du Souvenir de l'armistice de la "der des der". J'ai écrit cet article en référence du généathème de novembre (sur le thème de la première guerre mondiale), série d'articles organisée par et pour les généablogueurs francophones. Je n'ai pas d'ancêtres ayant participé à cette guerre, soient trop vieux, soient trop jeunes, mais ayant subits comme tous les dommages, la disette et les malheurs de la guerre. J'ai choisi de parler d'un inconnu, d'un illustre inconnu, dont le destin s'est réveillé il y a deux ans et que son histoire est passée par le Canada et par la France, oh pas longtemps, mais c'était suffisant pour moi de souligner ce fait.
 

 
Sources :
1. Mémorial virtuel de guerre du Canada - Alexander Johnston
2. Article de journal - Presbyterian Soldier Laid to Rest 93 Years after Death
3. Cook Family Tree - Ancestry.ca.
4. Ancestry.ca - Recensement canadien de 1921.
5. Ancestry.ca - Canadian Passenger Lists, 1865-1935 forWm B Johnston.
6. Bibliothèque et Archives Canada - Soldats de la Première Guerre mondiale - Alexander Johnston
7. Bibliothèque et Archives Canada - Camp de Witley - Cantine de Witley
8. Liste des bataillons du 4th Canadian Division
9. Bibliothèque et Archives Canada - Liste des abréviations militaires canadiennes
10. Webmatters - Funeral of Alexander Johnston
11. Vidéos YouTube
 
 
 
  Et vous, quel est votre personnage à qui vous dédiez ce mois du souvenir ?

 

À l'enterrement de Madeleine Laguerce

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À l'enterrement de Madeleine Laguerce

 

(Tableau de Clarence Gagnon)

Le curé Nicolas Couturier vient de célébrer le messe dans la cathédrale de l'Immaculée-Conception de Trois-Rivières, Madeleine Laguerce est décédée 1 depuis hier sans compagnie, trouvée morte par ses voisins curieux de ne pas la voir faire son ménage quotidien de son potager. Elle est morte jeune et le curé a souligné sa sagesse et sa foi envers la religion catholique. Quelques parents et amis se sont déplacés dans la froidure du mois de mars 1768 pour lui dire un dernier au revoir. La procession vient de se mettre en place, le curé, encadré par deux jeunes servants d'autel tremblotant de froid, suit la charrette tirée par un beau cheval canadien, la famille proche représentée par les cousins de Madeleine, puis viennent ensuite les amis, et Jean et Joseph 6 ferment la marche pour ne pas se mêler à la famille et amis proches de Madeleine. Jean est surtout un ami de feu le mari de Madeleine, Simon Clapier, lorsqu'ils étaient militaires dans les troupes de la Marine.

Jean entreprend la conversation avec Joseph lorsque le défilé commence à s'avancer doucement vers le cimetière jouxtant la cathédrale :

_ Voila notre belle Madeleine qui s'en est allée, elle est partie bien jeune ... Trente cinq ans n'est pas un âge pour mourir 1.

_ Ça faisait longtemps que tu connaissais Madeleine ?

_ Seulement quelques années, mais j'ai d'abord connu Simon son mari. On était ensemble dans la compagnie Cabanac lorsqu'on on nous a affectés à Montréal. J'arrivais fraichement de ma région natale du Languedoc. J'étais jeune à l'époque et Simon était déjà là depuis quelques mois, je me souviens que Simon venait d'Uses du Languedoc 2, c'est pour cela que nous somme devenus amis.

_ Comment a-t-il connu Madeleine ?

_ Notre compagnie se déplaçait de Montréal vers Québec, on faisait une halte aux Trois Rivières et Simon a vu Madeleine sur le bord du chemin du Roy, il est tombé amoureux tout de suite !

_ Mais si vous alliez à Québec, Simon n'a pu fréquenter Madeleine en si peu de temps...

_ Tu as raison, Simon a eu le temps de lui faire promesse de la revoir plus longtemps lors d'une permission en revenant de Québec, et il a réussi le bougre ! Ça été facile de la retrouver, Madeleine est fille de Jean-François Laguerche et de Marguerite La Faverie 1.

_ Quoi ? Madeleine est la fille de Jean-François Laguerche, le sergent de la compagnie Tonty 3 ?

_ Oui et il était avant dans la compagnie de Monsieur Legardeur jusqu'à ce que celui-ci fut mis de côté pour incapacité physique, il reçu ensuite sa médaille de Saint-Louis, Jean-François fut versé dans la compagnie de Tonty.

_ Mais Jean-François n'était-il pas marié avec Marie Lefebvre, la fille de Michel Lefebvre dit Laciseraye 1, arpenteur des Trois-Rivières ?

_ Oui et celle-ci est décédée jeune, après son quatrième enfant, Jean-François s'est remarié en 1729 avec Marguerite et ont eu six enfants. Jean-François a eu alors dix enfants 4, et Madeleine était une des dernières filles.

_ Je me souviens être allé à l'enterrement de Jean-François en 1754 1, beaucoup de monde était là tellement car il était connu, sa famille au grand complet, je ne connaissais pas encore Madeleine et il me semble qu'elle était en famille et accompagnée d'un homme, ça devait être Simon.

_ Ils n'ont pas eu une belle famille et c'est bien triste tout ce qui leur arrivé...

_ Tu ne veux pas en parler ?

_ Si je peux, c'est juste que c'est bien triste. Madeleine et Simon se sont mariés en octobre 1753 et ont eu trois fils : Jean (1754), Simon (1756) et Antoine (1757) 1. Madeleine était enceinte de Simon lors de l'enterrement de son père Jean-François. Arriva ensuite les malheurs : Antoine est décédé trois semaines après sa naissance, son mari Simon est mort quelques semaines plus tard en mai de la même année. Madeleine est devenue veuve avec deux fils.

_ Que sont devenus Jean et Simon ? Ils ne sont pas là ?

_ Aucune idée, ils ont disparu eux aussi 5.

_ Madeleine s'est remariée, non ? le curé a parlé d'un certain feu Amable 1.

_ Non, Simon se faisait appeler Amable à cause de son caractère.

_ Penses-tu que Madeleine serait morte de tristesse ?

_ Sûrement, en neuf ans elle a perdu son mari et trois enfants, c'est pire que d'être malade ...

Le petit groupe s'approcha du trou, le curé s'empressa d'asperger le cercueil d'eau bénite avant que l'eau ne gèle, les porteurs descendirent le cercueil et les gens repartirent de pied ferme se réchauffer car il fait vraiment trop froid pour se rappeler une dernière fois le souvenir de cette jeune morte.

 

Sources :

1. Registres de la cathédrale Immaculée-Conception de Trois-Rivières.

2. Base de données des Compagnies franches de la Marine au Canada 1750-1760 : Simon Amable Clapier.

3. Base de données des Compagnies franches de la Marine au Canada 1750-1760 : Jean-François Laguerce.

4. Dictionnaire généalogique Tanguay.

5. Jean et Simon Clapier, fils de Simon Clapier et Madeleine Laguerce, n'apparaissent dans aucun registre du Québec après leur baptême et il n'existe aucune demande de tutelle d'enfants au décès de Madeleine.

6. Jean et Joseph sont des personnages imaginaires pour le récit de cette histoire.

 

  Et vous, avez-vous rencontré des familles ayant eu une courte histoire ?

Timothy Collins, l'homme le plus vieux du Canada

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Timothy Collins, l'homme le plus vieux du Canada *

 

Article écrit pour le #geneatheme d'octobre 2013 : 100 mots pour une vie ou autrement conter une vie en 100 mots.

J'ai pris Timothy Collins pour raconter sa vie bien qu'il ne fasse pas partie de ma généalogie familiale, j'ai écrit un livre sur sa descendance en espérant le rééditer avec plus d'informations sur le début de sa vie lorsqu'il est arrivé au Canada et de son séjour à New-York.

 

 

(Photo personnelle obtenue par la famille Muir)

 

Timothy Collins est né en août 1795 à Skibberen en Irlande. Il est arrivé au Canada à l’âge de vingt ans et est allé à New-York pendant trois. Il s’y est marié avec Elizabeth Brown et est revenu au Canada. Il est devenu fermier à Saint-Colomban et eu neuf enfants. Timothy n'a jamais pris soin de lui : pas de parapluie les jours de pluie et portait une simple veste pendant les jours froids de l'hiver. Son plus grand plaisir était de fumer une pipe avant le petit déjeuner. Il est décédé en février 1907 à l’âge de 111 ans.

 

* Thimothy Collins a été l'homme le plus vieux du Canada en 1907.

Source : The Montreal Daily Star 1907.

  Et vous, que racontez-vous en 100 mots ?

Wellie Tardif, mécanicien de Val-Jalbert mis à la porte en 1927

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Wellie Tardif, mécanicien de Val-Jalbert mis à la porte en 1927




Liste des habitants de Val-Jalbert (Source 4)

 
J'ai passé mes vacances d'été au Saguenay-Lac-Saint-Jean et j'ai visité des sites que je ne connaissais pas encore. Celui qui m'a certainement le plus plu avec le musée Louis Hémon est le village historique de Val-Jalbert. On en ressort touché de l'histoire de ce village qui a connu ses heures de gloires ! J'ai rêvé qu'un de ses habitants de l'époque m'a parlé après avoir vu son nom sur une plaque (les noms des habitants de la rue St-Georges) , voici ce qu'il m'a dit :

 Wellie Tardif, Alice Larouche, une cousine et Thérèse Tardif * (Source 4)

" Salut,

J’m’appelle Wellie Tardif, en fait c’est William Thomas Tardif mon vrai nom, c’est comme ça que j’ai été baptisé, mais tout l’monde m’appelle Willy ou Wellie. C’est comme ça qu’mon boss m’appelle aussi, c’t’un bon gars qui m’aime bien.

Là, sur la photo, c’est moi, ma femme Alice, not’p’tite dernière Thérèse et la cousine d’ma blonde. La seule photo d’nous et sans doute la dernière ! On est endimanchés mais on n’a pas l’sourire ! Not' fils Jean-Paul est chez l'voisin, il a manqué la photo, ça lui apprendra d'courir partout et Roger ** dort dans la bassinette, il a à peine 6 mois.

On vient d’apprendre que la pulperie va fermer et ça arriv’ra c’te nuitte. Demain on n’a plus d’job, on est le 7 août 1927.

On reste à Val-Jalbert, c’est là qu’y a la pulperie d’papier, on appelle ça la pâte mécanique non transformée, qui sert à la fabrique des papiers à journaux de New-York. Mais on n’a pas su s’adapter, d’autres usines ont modernisé la fabrication de la pulpe et du papier, pas nous, not’boss trouvait ça trop cher. À Chicoutimi, la pulperie, elle, va continuer …

Je suis né le 24 mars 1894 à Hébertville, c'est à 25 miles d'icite on longeant le lac Saint-Jean, mes parents sont Delvas Tardif et Adèle Dufour, tous deux paysans. J'aimais pas travailler avec eux et mon père disait que ça rapportait pas !

Baptême de William Tardif - Registre d'Hébertville - 1894 (Source 1)

Mon père a lâché la ferme lorsqu'il entendu qu'à la fabrique de papier ça rapportait gros, y cherchait du monde, un agent d'la société est v'nu dans l'coin pour nous parler des avantages, il s'appelait Alfred Dubuc qui venait de racheter la pulperie à monsieur Damase Jalbert. Mon père voyait les liasses de billets déroulées dans les yeux du monsieur d'la fabrique, alors on est tous partis.

Une fois rendus sur place, mon père a été mis sur l'écorceur, pis moi trop jeune j'étais commis. Après qu'ques années je suis dev'nu mécanicien ! J'ai appris à faire fonctionner et réparer les machines sur le tas.
On travaille 6 jours semaine, 10 heures par jour, il y fait chaud dans le moulin, c'est bruyant et ça pue, mais ça rapporte, peu d'monde de la région peut dire de toucher autant que nous, 4 piastres par mois, c'est beaucoup.



Un écorcheur (Source 4)



Restes des turbines (Source 4)



Papiers originaux d'époque (Source 4)

J'ai rencontré Alice, la fille d'Alfred Gauthier dit Larouche, lui aussi d'la fabrique. En fait tout l'monde se connaissait à Val-Jalbert, le village n'est pas grand et la plupart des hommes travaillent au moulin. C'est la commère du village qu'a dit au curé qu'on s'fréquentait, sacrilège, y parait qu'on est dans l'pêcher. Le curé s'est pressé de nous marier, un mardi, l'curé n'était pas content, ça nous a permis d'avoir un jour de congé offert par la compagnie !



Le curé et la commère... (Source 4)

Mariage de Wellie Tardif et Alice Gaulthier dite Larouche - Registre de Val-Jalbert 1919 (Source 1)

Not' boss était bien généreux et pensait à nous. La compagnie avait fabriqué nos maisons au village, on était deux familles par maison, chacune de not'bord. Deux étages avec trois chambres, cuisine aménagée, eau courante et électricité, quel modernisme. L'électricité venait du moulin, la chute de la rivière Ouiatchouan est assez forte pour ça.

Moi j'ai eu ma maison en 1921, on payait un loyer de deux piastres par mois, la moitié d'notre salaire. Quand Jean-Paul et Thérèse sont nés on a eu besoin de plus grand, alors on a déménagé à quelques maisons plus loin, de plus on avait une terre en pâturage. Mais on entendait le grondement de la chute plus fort. On s'habitue avec le temps, mais ce grondement est omniprésent dans nos têtes. On reste sur la rue St-Georges.

Val-Jalbert - Recensement Canada 1921 (Source 1)

William Tardif en repère 18 - Plan de Val-Jalbert en 1924 (Source 4)

Les enfants vont à l'école du village, elle aussi construite par la compagnie, une belle école tenue par des religieuses. Nos enfants sont bien éduqués. On a tous les besoins sur place : le boucher et le magasin général.

École de Val-Jalbert (Source 4)

En 1923 mon frère Ovila a eu un accident mortel alors qu’il chargeait les meules, il n'avait que 31 ans. C'est aussi en 1924 que les affaires de la fabrique ont commencé à mal tourner ! On n'était pas assez productif et on ne faisait que de la pulpe et non pas du papier. Il y a eu des mises à pieds, puis la compagnie Québec Pulp and Paper Mills a tout racheté. Je suis resté parce que je savais réparer les machines, une chance !

Aujourd'hui faut s'faire une raison, le curé va sonner la cloche à minuit pour annoncer la fin du moulin. Demain on va plier bagages et s'en aller à Chicoutimi, il y a de grands chances que j'y trouve une job à la pulperie. *** "

 

 

Val-Jalbert - Image SEPAQ (Source 4)


Les personnages de cette histoire sont réels, ainsi que les faits (source 3) et les mentions. Je vous suggère de visiter les lieux, c'est un petit bout d'histoire du Québec comme tant d'autres qui méritent un détour. Visitez le site internet de Val-Jalbert pour vous faire une idée, et surtout le document historique (source 3) relatant toutes les informations historiques.

* Non, ce n'est pas la famille Tardif, mais moi avec ma famille, photo mise en scène prise sur place à Val-Jalbert.
** Roger Tardif.
*** Ceci est une supposition, Wellie n'apparait plus dans les registres ni documents de Val-Jalbert après août 1927 et tous ses descendants se trouvent à Chicoutimi peu de temps après 1927.

Sources :

1. Ancestry.ca

2. Le site de Val-Jalbert

3. Histoire de Val-Jalbert

4. Photos personnelles.

Article connexe paru dans LA PRESSE .CA le 13 septembre 2013.

  Et vous, avez-vous visité le village historique de Val-Jalbert ?

 

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