Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

Chronique familiale de la famille LEBEAU

Imprimer

Chronique familiale de la famille LEBEAU

Histoire sans paroles

 

Une image vaut mille mots mais quelques vieilles photos de nos aïeux représentent notre trésor familial.

Je vous propose de découvrir la famille LEBEAU au travers des photographies de leurs ancêtres depuis l'an 1840 jusqu'en 1938. Si ces personnes vous sont inconnues, leur regard ne laisse pas indifférent.

La famille Lebeau que je connais est implantée en Mauricie (Québec) depuis l'arrivée du premier ancêtre Antoine Beau, originaire de Château-L'Évêque (Dordogne) et marin pêcheur de son état - Antoine Beau pêcheur natif de Chateau l'Évêque diocese de Perigeux agé de 22 ans depuis 10 ans venu de cette année à Québec produit pour temoins Jean d'Autin et Jean Ligoni avec lesquels il est passé en qualité de mousse (Témoignage de liberté, Québec 1762). Il se maria avec Marie Josèphe Rémillard à Saint-Vallier et eu 9 enfants connus.

Le diaporama commence avec Augustin Lebeau, petit fils d'Antoine Beau.

 

Le temps de chargement de la vidéo (15 Mo) dépend de la connexion Internet - Plugin Adobe Flash requis.

Et vous, avez-vous mis en animation vos photos familiales ?

Pas de vrai cidre au Canada ? Pas d'émigrés Bretons et Normands !

Imprimer

Pas de vrai cidre au Canada ? Pas d'émigrés Bretons et Normands !

 

 

Préambule

Le cidre est l’une des plus anciennes boissons alcoolisées au monde. Les Hébreux l’appelaient Shekar, les Grecs Sikera, es Romains Sicera et en breton cela se dit Sistr.

Le premier verger et le premier pressoir font leur apparition à Montréal vers 1670 avec des Sulpiciens 1. Cette boisson est par la suite adoptée par les colons le faisant par leur propre moyen.

La Commission des liqueurs est crée en 1921, elle devait faire la gestion du commerce des vins et spiritueux. Elle s’occupait de contrôler la qualité des produits vendus et émettait également des permis pour les hôtels et les restaurants qui souhaitaient servir de l’alcool. Seulement la Commission n'a pas inscrit le cidre dans les alcools à contrôler ce qui fait que la législation rend implicitement cette boisson illégale, et ce jusqu'en 1970 lorsque le gouvernement introduisit officiellement le cidre dans la liste officielle !

En 1988, les premiers permis de production artisanale sont émis, ouvrant tranquillement la porte à ce qui deviendra rapidement une véritable passion : l’élaboration de produits de plus en plus raffinés.



Le curé Labelle et la colonisation du Nord

 

Le curé Antoine Labelle

François-Xavier Antoine Labelle (1833-1891) est un des curés le plus connu de la région de Montréal pour avoir entrepris la colonisation du nord de la région de Saint-Jérôme dans les Laurentides, la route 117 portant à plusieurs reprises son nom sous la forme La curé-Labelle ou Le boulevard Curé Labelle en son hommage.

Après avoir servi dans plusieurs paroisses en tant que curé et vicaire, son rapprochement avec le monde politique l’amène à voyager à plusieurs reprises dans un seul but : peupler les régions du nord. Je vous invite à lire sa biographie complète.

De février à août 1885, en mission officielle pour le gouvernement canadien, il parcourt l’Europe dans le but d’attirer immigrants francophones et des capitaux au Canada.

Le curé Labelle, à la demande du gouvernement provincial, effectue un second voyage en Europe, du 9 janvier au 15 septembre 1890, toujours dans le but officiel d’activer l’immigration française, mais aussi pour se rendre à Rome pour régler ses affaires religieuses. Ce voyage lui a permis de faire des conférences, d'être cité dans la presse, de rencontrer les hommes politiques et, bien qu'étant religieux, vivait correctement sur les frais du gouvernement en tant que ministre de l'immigration. La lettre suivante montre qu'il avait un montant d'argent non négligeable :

HOTEL DE BELLE-VUE
BRUXELLES

Bruxelles, le 23 juillet 1890


Monseigneur,

Conformément à vos instructions, j'ai l'honneur de vous remettre inclus No A 3519 un chèque s/ le Crédit Lyonnais de Paris de l'import de :
fr 495 formant le montant des cinq cent francs oubliés à l'hôtel; déduction faite de f 5 pour frais de Banque, de commissionnaire et d'expédition.
Ci-joint encore une lettre vous appartenant, quant au petit livre rouge, il n'a pu être trouvé à l'hôtel.
Veuillez agréer, Monseigneur, mes salutations empressées

Le caissier

Correspondance de l'Hôtel de Belle-Vue, à Bruxelles, à monseigneur Antoine Labelle . - 20 juillet 1890-23 juillet 1890 - Source BAnQ  P774 S1

Le curé Labelle reçoit beaucoup de courriers en provenance de la France de toutes les classes sociales, louant ses mérites, son initiative et surtout pour parler d'émigration. Le retour normal de son appel.

Paris le 4 février 1890

Monsieur le curé
Labelle

Ayant vu sur le petit journal que vous aviez assisté à la séance géographique qui a eu lieu l'autre jour et voyant paraître votre nom cela m'a fait bien plaisir vu qu'ayant habité Montréal pendant 6 années comme Français et n'ayant que toujours avoir entendu que des louanges qui vous sont bien mérité au sujet de la colonisation dont c'est vous l'organisateur et comme j'ai eu l'occasion de me trouver avec vous au restaurant de Madame Dupéroussel je serai donc heureux de pouvoir vous serrez la main comme étant ancien habitant de Montréal et pouvoir parler un peu avec vous du Canada.
Monsieur comme étant gérant de Directeur du journal l'espérance et que ce journal est pour les annonces d'emplois vacants il m'est donc impossible d'aller vous trouver vu que les bureaux ouvrent à 8 heures du matin et sont ouverts jusqu'à six heur donc je ne puis disposé d'une seul heure donc je ne puis disposé d'une seul heure dans la journée donc si toute fois vous auriez un moment a pouvoir disposé je serais heureux d'avoir votre visite. J'ai écrit pour avoir votre adresse au commissariat général 10 rue de Rom et il m'on envoyé de suite. Je remercie donc a l'avance Mr le Directeur de m'avoir envoyé votre adresse de suite. Je compte donc sur votre aimable visite qui me fera bien plaisir.
Quand j'étais a Montréal j'étais contracteur de menuiserie rue de Bleury n 200. Je pense que vous deviez connaitre ma maison vu qu'il n'y a que huit mois que je suis de retour en France
Je compte Monsieur sur votre obligeante visite.

Agréez Monsieur
mes salutations empressées
B. Adam
Directeur du journal l'Espérance
17 rue des Acacias aux terne..
XVIIe Arrondissement

Correspondance de B. Adams, directeur du journal l'Espérance à Paris, au révérend Antoine Labelle - 4 février 1890 - Source BAnQ  P774 S1

Lettre d'une dame de Lille offrant ses services :

J.M.J.
A Sa Grandeur Monseigneur Labelle

Monseigneur

Permettez à une habitante de Lille qu'a lu le résumé de la conférence de dimanche dans le journal la Dépèche de venir vous dire qu'elle se déciderait et sa famille peut-être aussi à aller habiter le Canada Catholique et Français pour l'article Tricot à la machine, Industrie de Tourcoing. Egalement pour le laitage et la confection du beurre. Une autre famille partirait également le père de famille est boulanger de son métier et la mère connait l'article vêtements confectionnés comme à Lille.
Je me permets de vous faire cette demande à cause d'un nota ajouté au résumé de la Conférence ou il était dit que l'industrie des tissus était inconnu au Canada.
J'ose solliciter de Votre Grandeur un petit souvenir dans vos prières et dans le cas ou les différents genres de travaux pour lesquels j'ai pris la liberté de vous écrire quelques chances de réussir dans votre diocèse. J'ose vous demander une réponse maintenant ou quand vous serez retourné au milieu de votre troupeau de fidèles catholiques.
Dans cette attente, Monseigneur, veuillez agréer l'hommage du plus profond respect de votre très humble servante.

Elise Baert, Enf de .. et de St François, Paroissienne de St Sauveur, Lille

Lille le 5 mars 1890
Mon adresse :
madame Vve Baert, boulangère rue de la Vignette 49, Lille
Pour remettre a sa fille, Melle Elise

Correspondance d'Élise Baert au révérend Antoine Labelle. - 5 mars 1890  Source BAnQ P774 S1

Bien d'autres lettres sont numérisées sur le site de la Bibliothèque Nationale et archives du Québec : saisissez Antoine Labelle dans la zone de saisie de cette page.

Le plus tenace fut sans aucun doute un certain monsieur L.A. Aubry d'une chambre syndicale des pomiculteurs des Côtes-du-Nord. Il eu une occasion de visiter professionnellement le Québec et de rencontrer des immigrés français travaillant sur le sol québécois. Il en profita pour écrire à deux reprises au curé Labelle au sujet de l'émigration française mais surtout de la fabrication du cidre au Canada qui laisse à désirer :

Québec, 30 juin 1890
Monseigneur,

je viens de passer quinze jours dans votre admirable pays et je crois qu'il serait très avantageux pour mes compatriotes Bretons et Normands de venir s'établir ici comme colons.
J'ai toutefois été étonné de voir que le cidre, tel que nous le fabriquons en France, soit inconnu ici. Je n'ai trouvé que du cidre qui, de l'aveu même des limonadiers, est fait sans pommes et ressemble à une mixture pharmaceutique. J'ai trouvé ainsi chez quelques cultivateurs français, mais non bretons ou normands, du cidre fabriqué sans eau et qui ne rappelle en rien le cidre que sous sommes habitués à loin dans mon pays !
Je crois cependant que la culture du pommier à cidre serait appelé à rendre d'énormes services au Canada. Les habitants des pays froids ont besoin de prendre de l'alcool. Les Canadiens à leurs repas ne prennent que du lait, du café ou du thé. N'est-il pas à craindre que, leurs repas terminés, les plus sobres eux-même ne soient portés à aller prendre au bar l'alcool qui leur manque, le complément nécessaire de leurs repas incomplets, et à s'y attarder, retenus par des amis, à y prendre des habitudes qu'ils ne sauront pas déraciner.
Je crois que si les Français sont relativement sobres, cela tient plus à la bonne qualité de leurs cidres et de leurs vins qu'à leur climat et à leur moralité. Habitué dès l'enfance à ne boire que des boissons naturelles, tirées directement des fruits, nous apprenons de bonne heure que l'on se satisfait mieux sa soif avec un simple verre de cidre ou de vin qu'avec une grande quantité de whisky ; que l'on trouve plus de jouissances à boire quelque gouttes de cognac d'un bon cru qu'une énorme quantité d'eau-de-vie. En  faisant naître au Canada l'industrie du cidre naturel et fait avec de l'eau, n'y aurait-il pas un moyen de lutter contre l'alcoolisme ? des boissons naturelles font davantage contrer ce fléau sur les meilleures sociétés de tempérance.
Le cidre reviendrait à aussi bon marché sur le thé, si les champs étaient bien plantés de pommiers dans la campagne serviraient de brise-lames contre le vent qui abat souvent vos récoltes et ruiner quelque fois vos champs trop déboisés.
Enfin, je ne crois pas qu'une véritable émigration bretonne ou normande au Canada soit possible, tant que vous n'aurez pas de pommiers à cidre. Les Bretons et les Normands ne se décideront pas à aller dans un pays où ils ne trouveront pas de cidre ; ils considéreront votre pays comme un pays déshérité, perdu dans la glace, incapable de rien produire.
Le Gouvernement Canadien ne pourrait-il faire officiellement quelque chose pour créer au Canada la culture des pommiers à cidre ? Des essais faits par de simples particuliers pourraient être ruineux, s'ils n'étaient pas suivis de succès, seraient peu rémunérateur, s'ils réussissaient, car une concurrence facile s'établirait immédiatement.
De plus, le Gouvernement pourrait propager plus rapidement qu'un simple fermier l'usage du cidre dans le pays. Quelques subsides accordés à des fermiers bretons ou normands ne seront pas une charge bien lourde pour le Trésor Canadien, et il y aurait là un bon moyen d'amener au Canada quelques fermiers de choix qui encourageraient dans la suite leurs amis à venir les rejoindre.
Je représente à Dinan, le syndicat agricole du département des Côtes-du-Nord et suis destiné à entrer en rapport avec de nombreux fermiers. Je croirai faire une œuvre patriotique en empêchant le trop plein de nos campagne d'aller se perdre dans les villes et en les engageant à se diriger vers votre beau pays. Je crains malheureusement que les mères ne veuillent pas se séparer de leurs enfants. Il est fâcheux que l'éducation en France soit si universitaire ; on fait de nous de bons fonctionnaires, mais de détestables colons. Les classes dirigeantes n'osent émigrer, les classes ouvrières mal informées de ce qui se passe à l'étranger, n'ont pas l'idée de sortir de leur pays. Plût au ciel qu'un courant d'idées tout autres s'établisse en France que le trop plein de notre population vienne peupler vos campagnes et vos ville.
Je serai très honoré que vous vouliez bien faire répondre à ma lettre et de serais heureux que de vos bureaux on m'adresse les différentes brochures qui pourraient m'éclairer sur le Canada.
Veuillez agréer, Monseigneur, l'hommage de mes sentiments les plus respectueux.

LA Aubry 

Correspondance de L. A. Aubry, représentant du syndicat agricole du département des Côtes-du-Nord en Bretagne, au révérend Antoine Labelle . - 30 juin 1890-7 juillet 1890Source BAnQ P774 S1

Une seconde lettre de la part de Monsieur Aubry est adressée au curé Labelle le 9 juillet 1890 de la Rivière du Loup lui demandant d'écrire à la presse pour que le peuple canadien cesse de dénigrer les quelques agriculteurs français déjà sur place, il mentionne que ceux-ci se font passer pour des voleurs... Il se propose également d'être le porte-parole de sa région pour parler des biens faits du Canada.

 

Monseigneur,

J'ai eu l'honneur de vous écrire récemment au sujet de la culture du pommier à cidre au Canada ; je viens encoure aujourd'hui vous parler de sujets ayant rapport à l'émigration française dans votre pays, émigration que je désire ardemment voir prendre de grandes proportions.
Je crois que si vous pouviez par quelques conférences, gagner à votre cause les diverses chambres des syndicats agricoles qui se forment actuellement sur toute la France et qui sont destinés à pénétrer puissamment les masses, vous auriez fait faire un grand pas à la cause de la colonisation. Les syndicats ont généralement leur siège au chef-lieu du département. Il en existe deux à Paris : l'Union des Syndicats, 19 rue Louis-le-Grand - le syndicat économique agricole, 8 rue de la Michodière, président M. Kergall qui a pris chaudement le parti des cultivateurs.
Ne serait-il pas possible à la presse canadienne de faire rougir de leur sottise certains canadiens qui confondent nos communards de 71 avec les Français et qui disent trop souvent aux français qu'ils louent comme domestiques de ferme "Vous êtes français, donc Vous êtes un voleur". Ne serait-il pas possible aussi de faire comprendre à certains ecclésiastiques qui rendent responsables la France entière des erreurs de nos francs-maçons et arrivent former une société franco-canadienne ayant pour objet de resserrer nos liens entre les deux pays. Les membres français chercheraient à faire naître l'émigration et à la diriger vers le Canada ; les membres canadiens recevraient les émigrés français, dirigeraient leurs premiers pas, chercheraient à hâter leur fusion avec les Canadiens, à réveiller par quelques articles de journaux les sympathies pour la France chez eux ceux qui ont oublié la mère patrie. L'initiative privée arriverait peut-être à réparer les oublis coupables et maladroits de nos gouvernants vers le Canada. On ..ontrait facilement des membres parmi les membres de nos syndicats agricoles qui feraient connaître à nos paysans intelligents, mais peu à représenter en chair comme à une sœur qui a mal tourné, qu'en choisissant un autre texte le discours, ils feraient preuve d'une intelligence plus saine, qu'il ne faut pas trop tourner un pharisaïsme. Pendant mon séjour au Canada, j'ai visité plusieurs fermiers français qui ont été froissés de se voir considérer de la sorte et ne manquent pas, dans leurs lettres au pays, de répéter ce qu'on leur dit.
Je considère que le gouvernement français fait absolument fausse route en voulant diriger exclusivement notre émigration vers nos colonies. Le Canada me semble le centre de l'émigration le mieux choisi pour les Français du Nord. Je verrais avec plaisir si instruits qu'il y a une terre qui s'appelle le canada
Pour mon compte, je croirai faire une bonne œuvre en engageant les fils de fermiers à aller visiter votre pays ; j'aurai malheureusement contre moi les mères qui ne voudront pas laisser leurs fils s'éloigner, et les propriétaires qui ne voudront voir partir que les mauvais fermiers.
Veuillez m'excuser, Monseigneur, de vous écrire sur du papier d'hôtel, le seul que j'ai à a disposition, et agréer l'hommage de mes sentiments les plus respectueux.

LA Aubry

Adresse : Mr Léon Aubry, 1 rue de l'Ecole, Dinan, Cotes-du-Nord

Correspondance de L. A. Aubry, représentant du syndicat agricole du département des Côtes-du-Nord en Bretagne, au révérend Antoine Labelle . - 30 juin 1890-7 juillet 1890Source BAnQ P774 S1

 À son retour de France, le curé Labelle laissa une note à son secrétaire :

Copiez ma réponse et envoyez à ce M. LA Aubry qui me parait outrecuidant pour ne pas dire plus.
A. L.

 

28 octobre 90

Mons. L.a. Aubry
1 rue de l'Ecole
Dinan

Je vous ai répondu à votre lettre au sujet de la fabrication du cidre, alors que vous étiez à la Rivière du Loup, dans la province de Québec, je ne sais si vous avez reçu ma réponse.
Quant à faire du cidre, la chose est assez facile, et nous en fabriquons déjà au Canada. Mais la population préfère le vin, la bière et les alcools. Ce qui nous manque ici c'est la pomme acide, mais nous pouvons parfaitement cultiver cette variété puisque que nous réussissons avec toutes les sortes de pommiers.
Une grande partie de notre population est originaire de la Normandie et de la Bretagne ; elle s'élève à présent à près de 2 millions et cela sans le cidre de la Normandie !
Je ne peux donc recommander cette dépense au gouvernement.
Quant à la question d'émigration vous êtes porté à favoriser l'émigration des gens non mariés. Or l'expérience nous prouve que celle des gens mariés est la meilleur. En cela vos plans peuvent avoir du bon, mais ils ne sont pas, comme les nôtres, appuyés sur des faits.
Veuillez me croire, monsieur
Votre dévoué serviteur

A. Labelle 

Ville de Montréal - Biographie du curé Labelle


La réponse du curé Labelle est sans appel, la proposition de monsieur Aubry est inutile et sans avenue. Pourquoi passer à la culture de la pomme acide pour fabriquer du vrai cidre et de ce fait attirer et privilégier de nouveaux immigrants de l'ouest de la France ? Les québécois de souches bretonne et normande arrivés depuis deux cent ans vivent très bien sans. La bière, le vin et l'alcool font leur affaire, ils se sont bien acclimatés. Les intentions du curé Labelle sont de peupler les Pays-d'en-Haut, l'Abitibi et l'Outaouais à moindre frais pour le gouvernement et que les immigrés s'intègrent sans amener leur coutumes originelles. La bière est aussi une boisson réalisée depuis la création de la colonie, j'en consacre un article avec Laurent Glory dit la Bière.

Les recensements depuis 1891 montrent que le peuplement des régions du nord ne furent finalement pas un succès, environ cinq mille personnes sont venir s'y établir dont très peu d'immigrés européens. Il faut reconnaitre que les régions du nord sont peu propices à l'agriculture, de plus le Québec connait depuis 1840 une forte émigration vers les États-Unis qui a duré jusqu'en 1930 pour délaisser une société principalement rurale pour une plus industrielle malgré le choc culturel, religieux et celui de la langue.

Et maintenant ?

Le cidre "breton" ou "normand" n'est toujours pas produit au Québec, il existe bien bien quelques cidreries dont la qualité n'atteint pas celle de son cousin outre-atlantique : La Société des Alcools du Québec (la S.A.Q.) en fait l'importation a un coût élevé mais au même prix qu'au cidre canadien. La culture de la pomme acide est faite dans quelques régions et sa consommation est bien moindre que celle de la bière et le vin, mais le Québec a développé un produit unique : le cidre de glace, il est élaboré à partir de deux procédés de concentration des sucres de la pomme par le froid : la cryoconcentration et la cryoextraction.


« Le « cidre de glace », soit le cidre obtenu par la fermentation du jus de pommes, lequel doit, uniquement par le froid naturel, atteindre une concentration de sucre avant fermentation d'au moins 30° Brix, et dont le produit fini a une teneur en sucre résiduel d'au moins 130 g/L et un titre alcoométrique acquis de plus de 7 % et d'au plus 13 % d'alcool par volume. »
— Règlement sur le cidre et les autres boissons alcooliques à base de pommes, article 2 § 7

Trois grands pomiculteurs et fabricants de cidre de glace au Québec que je recommande :

- La Face Cachée de la Pomme

- Domaine Pinnacle

- Domaine FÉLIBRE

Je vous le conseille avec les crêpes, c'est excellent, et que le manque de vrai cidre ne gêne pas l'émigration bretonne et normande, il y a d'autres attraits !

Curieusement, autant le cidre tel qu'il est connu en France ne s'est pas développé ici au Québec que le cidre de glace a fait son apparition en Normandie...


 

Sources :

1. Paul-Louis Martin, Les fruits du Québec. Histoire et traditions des douceurs de la table, Sillery, Québec, Septentrion,‎ 2002

2. S.A.Q.

3. Publications du Québec

  Et vous, futurs émigrés Bretons ou Normands, le vrai cidre vous manquera-t-il ?

ChallengeAZ 2014

Le ChallengeAZ 2014 est annoncé pour juin 2014, en patientant vous pouvez toujours aller lire les articles de celui de 2013, ou mes articles.

Que se passe-t-il en juin ?

C'est le ChallengeAZ : un article par jour de A à Z. Une cinquantaine de généablogueurs se sont lancé cette année que vous pouvez suivre avec Evernote.

GeneaBloggers