Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

Les cimetières sources généalogiques et insolites

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Les cimetières sources généalogiques et insolites

 

Il y a des lieux où le généalogiste aime passer son temps mais les cimetières sont parfois délaissés alors que nos plus proches ancêtres s'y trouvent. Les épitaphes contiennent les éléments de base tout comme les documents d'archives : un ou plusieurs noms, des dates et quelques mentions, le lieu d'inhumation est par défaut celui de la pierre tombale.

Les épitaphes sont en général peu bavardes en mention, pourtant il existe dans chaque cimetières certaines qui dévoilent la vie des aïeux, certaines contiennent des erreurs, d'autres rendent hommage aux défunts, certaines ont des formes peu communes. On pourrait en montrer des centaines avec des particularités pour chacune d'entre elles.

 

La première que je voudrais montrer est une qui pourrait poser problème à un non membre de cette famille qui se trouve au cimetière de Charlemagne (Lanaudière), tout de suite à droite de l'entrée principale, mais des indices permettent de faire des recherches au sujet des ces individus :

 


(Famille S/Champagne - Cimetière de Charlemagne)

Ici repose Ernest Shampagne, Effie Laelam, Ross Champagne, Simone Champagne et Claire Champagne, le nom de famille au pied de l'épitaphe est Shampagne. Il va de soit que le nom devrait être Champagne avec C comme initiale, probablement des descendants d'un colon venant de la région Champagne en France, militaire d'un des régiments de Carignan. Mais pourquoi donc inscrire le nom avec un S ? La réponse vient du troisième individu enterré ici : Ross est un prénom anglophone. Sans donner des détails sur les recherches que j'ai faites, il se trouve que Ross est le fils d'Ernest et d'Effie, les deux derniers étant mari et femme qui se sont connus dans l'état du Vermont (États-Unis) et se sont mariés à Swanton en 1895, Ross est né à Hilgate ainsi que son frère Wyman (source : recensement des États-Unis 1910). Effie Laelam est née également dans l'état du Vermont, de son vrai nom Omélia Laflamme, Effie étant son surnom ! Il est curieux de voir que le F se soit transformé en E, à bien y réfléchir c'est sûrement une erreur de transcription. Le même recensement américain précise que le couple et les enfants sont anglophones. Ils ont immigré au Canada en 1920 et ont vécu à Montréal dans un quartier aussi anglophone. Simone Champagne est la femme de Ross, née Simone Alexandre Dalpé. Claire est la fille de ce dernier couple. Le fils Wyman qui n'est pas sur l'épitaphe, s'est installé à Calgary. L'orthographe ici est donc liée à la langue.

 

Les familles qui ne bougent pas reposent en général au même endroit, il suffit d'avoir un des descendants pour retracer sa lignée sur un siècle ou plus, ce genre d'épitaphes aide beaucoup au généalogiste, toutefois elles peuvent contenir des erreurs ! En effet, la seconde en exemple a été rénovée il y a quelques années et c'est le doyen de la famille (qui est dans sa neuvième décennie, fils de Camille Sylvestre et de Flora Bellemare) qui a donné les informations au graveur.

 


(Famille Sylvestre - Cimetière de Louiseville)

Il suffit de retrouver les inhumations de Louiseville (Mauricie) pour découvrir que Norbert Sylvestre n'est pas né en 1869 comme inscrit sur l'épitaphe, mais en 1868 ! Notre doyen a transmis une mauvaise information au graveur, mais qui lui en voudra ?

 

Avec la troisième épitaphe on atteint, je pense, le summum du nombrilisme, ou alors les différentes associations (voir les présidents du Mouvement Desjardins) dont le défunt était membre se sont réunies en comité pour rendre hommage à ce grand homme. Difficile à savoir qui a décidé que son curriculum-vitae soit inscrit sur son épitaphe, probablement pas sa femme qui est décédée avant lui. En tout état de cause, ses descendants n'auront pas de difficulté à retracer sa vie professionnelle !

 

(Émile Girardin - Cimetière d'Yamachiche)

 

Voilà ce que je pense être la pire de toutes les épitaphes ! Autant je ne vois aucun souci à être prévoyant à cotiser jeune dans sa retraite que de voir son futur lieu de repos est refroidissant, de plus imaginez que le couple se sépare, il faut en faire graver une autre. Elle n'apporte pas grand chose au généalogiste sauf une certitude sur un couple vivant en espérant à ne pas avoir à faire avec un couple homonyme.

 

(Cimetière d'Yamachiche)

 

Lors d'une visite au musée Louis Cyr à St-Jean-de-matha (Lanaudière), je suis allé voir la tombe de l'homme le plus fort du monde. J'avoue que la première lecture de son épitaphe n'est pas évidente à comprendre, sa femme étant inscrite deux fois avec deux orthographes différentes : Melina et Emelina ; elle fut baptisée Marie Dina Gilbert dit Comtois. Ce n'est pas non plus le vrai prénom de baptême de Louis qui est inscrit sur l'épitaphe, qui est Cyprien-Noé, mais lorsqu'on a sa renommée, on peut se le permettre.

ICI REPOSE
LOUIS CYR
champion des hommes forts,
époux de
EMELINA COMTOIS
déc. le 10 nov 1912
agé de 49 ans et 1 mois
Son épouse
MELINA COMTOIS
déc. le 28 oct 1917
agée de 54 ans.

 

(Louis Cyr - Cimetière de St-Jean-de-Matha)

 

Encore au cimetière de St-Jean-de-Matha, il y a quelques tombes fabriquées de bois avec une écriture bien singulière, je me demande si cela ne viendrait pas du fait que ce soit le charpentier du village qui ait temporairement remplacé le graveur de pierre !

 


(Cimetière de St-Jean-de-Matha)

 

Lorsqu'on traverse Yamachiche par l'axe principal, on remarque une douzaine de maisons à briques rouges. La première idée qui passe par la tête est que l'architecte doit être le même pour toutes ces constructions. En effet, il suffit de traverser cet axe principal pour découvrir sa tombe qui lui rend hommage !

 

(Georges Félix Héroux - Cimetière d'Yamachiche)

 

Toujours dans le cadre des descendants qui conservent le patrimoine de leurs ancêtres, cette dernière épitaphe est le rêve de tous généalogistes, c'est un véritable arbre généalogique en soi et pourtant elle contient beaucoup d'erreurs jusqu'au premier ancêtre, en effet les erreurs portent sur les dates car par exemple le premier colon français Pierre Milot est né en 1728, Marie Blais, la femme de Pierre, est née en 1724, Marie Tousignant,  elle, c'est en 1772. Mais qu'importe, ces erreurs ne devaient pas mettre un frein à établir une ascendance complète, l'exactitude viendra aisément avec les registres. Si elles étaient toutes comme celle-là ... :

 

(Famille Milot - Cimetière d'Yamachiche)

 

   Et vous, étudiez-vous les épitaphes ?

Des sources différentes ?

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Si des sources ne concordent pas pour une personne, ne supposez pas que les informations qu'elles fournissent sont incorrectes. Si vous avez deux dates de naissance différentes, il est possible qu'il y avait en fait deux personnes différentes. Gardez à l'esprit la possibilité que les sources que vous pensez être pour la même personne sont en fait pour deux personnes différentes.
Il peut y avoir deux personnes qui restaient au même endroit, à la même époque, d'environ le même âge.

  Et vous, vous est-il arrivé d'attribuer une source à une mauvaise personne (ou événement, lieu, etc.) ? Quels sont les éléments trompeurs que vous avez rencontrés qui ont fait que vous vous être trompé ?

Officiel ne veut pas dire exact

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N'importe quel acte dit "officiel" ne veut pas dire que les détails de son contenu  soient exacts. Un acte de décès ou d'enterrement du défunt sera probablement juste, mais les dates et lieu de naissance peuvent être erronés.

De même qu'un enregistrement de décès peut contenir la mauvaise date et lieu d'enterrement.
Un document officiel est rédigé par une tierce personne qui n'aura pas vérifiée la source.

Ne corrigez pas un document original

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Lorsque vous faites une transcription, ne le corrigez pas, écrivez-le tel qu'il est écrit, si vous savez que les noms, lieux, etc, sont mal écrits,commentez-les séparément et indiquez que ces commentaires sont les vôtres.

Cela évite de ne lire que la version corrigée qui pourrait contenir des erreurs, il est donc judicieux d'avoir les deux versions.

L'an de grace mil sept cents quatre vingt-huit, le
trantieme jour de juillet je soussigné curé ay baptisé
une fille née le mesme jour au village de Kmelin (1)
du legitime mariage de Jacques Kneur (2) et Marie Le
Marouil laboureurs, on luy a donné le nom d'Anne.
Parain à esté Joseph Le Marouil oncle de l'enfant,
et maraine Barbe Le Blevec, qui ont declaré ne
savoir signer L: Le Lain curé

1. Kermelin
2. Kerneur

La mémoire n'est pas infaillible

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Mémé sait tout, Mémé est la mémoire de la famille, mais Mémé mélange les dates, les lieux, les noms, les événements !

Préférez les livrets de famille, les livrets militaires, les tickets de rationnement, les dates des oblitérations des cartes postales, la date de la photographie, les pierres tombales, enfin tout ce que Mémé a connu !

Semaine nationale de la généalogie

La Fédération québécoise des sociétés de généalogie présente la troisième édition de la Semaine nationale de la généalogie, qui se déroulera du 22 au 29 novembre prochain sous le thème «Voici ma famille!».

Toutes les information sur le site de la Semaine de la Généalogie.

Que se passe-t-il en novembre ?

Novembre est le mois des morts et du souvenir des tombés pendant les guerres.

Découvrez un jeune canadien tué au front pendant la première guerre mondiale :

À la mémoire du soldat Alexander Johnston

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