Hier c'est de l'histoire
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Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

R1b-L21 & U3 D.N.A. Inside

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R1b-L21 & U3 D.N.A. Inside

C'est article est la suite de l'article Après les registres, quelle démarche pour trouver ses origines ? J'ai donc fait une analyse A.D.N. pour pouvoir tracer mes origines tant paternelle que maternelle avec la compagnie 23andMe. Tout ce passe sur et via internet (hormis l'échantillon de la salive...), c'est à dire de la commande, du suivi de l'échantillon, aux résultats d'analyse. Le site internet est très simple d'emploi ainsi que la lecture des résultats, mais il faut être anglophone ou faire la traduction pour toutes les étapes.

Lors de la commande du kit, le site vous demande pour quelle raison vous voulez faire l'analyse, j'ai donc choisi pour la recherche d'ancêtres car 23andMe propose de faire une analyse médicale assez complète. En fait, même en choisissant l'option Ancêtre, 23andMe fait le tour au complet de votre santé, j'ai donc sous la main tout ou presque sur moi : mes traits physiques, mes allergies ou non, groupe sanguin au complet (pas seulement OAB), et plein d'autres choses. Les résultats sont fournis avec un pourcentage de fiabilité basé sur un échantillon de groupe de personnes ayant les mêmes origines, environnement, traits, etc. Certains résultats sont verrouillés et non lisibles directement pour ne pas choquer ou rendre mal à l'aise celui qui lit ses résultats. Il faut passer par un accord de principe comme quoi vous êtres d'accord de les lire et que vous comprenez bien que cela ne repose que sur des statistiques !...

Voici donc ce que j'apprends sur mes ancêtres, renseignements fournis par 23andMe  :

"La composition d'ascendance indique en pourcentage d'où provient l'A.D.N. parmi chacune des 31 populations du monde entier. L'analyse comprend l'A.D.N. reçu de l'ensemble des ancêtres, des deux côtés de la famille. Les résultats reflètent l'endroit où les ancêtres ont vécu il y a 500 ans, avant qu'entre en scène la traversée des océans par les navires et les avions." 

Les premiers résultats s'offrent sous forme de vues géographiques interactives et aussi sous forme chromosomique (les 23 chromosomes). Les deux types de vue sont intéressantes en plusieurs points : la carte offre une vue rapide sans ayant aucune connaissance en la matière, c'est de la vulgarisation mise au niveau de monsieur tout le monde ! La vue chromosomique demande un peu plus de connaissance, que je vais décrire plus bas.

Il y a trois vues : conservatrice, standard (ou normale) et spéculative.

Vue conservatrice

Vue normale

Vue spéculative

 

Les trois vues confirment mes ancêtres européens, je n'en avais aucun doute jusqu'au début du XVIIème siècle vu les actes de baptême trouvés, mais au delà des archives je n'avais aucune preuve. L'analyse démontre qu'il y a environ 500 ans les ancêtres sont encore européens. Bien entendu la dernière vue me plait plus que les deux premières, le fort pourcentage de 49.4% anglais et irlandais correspondent à ma lignée paternelle finistérienne, preuve d'origine celte venant des iles anglo-normandes, pourchassée par les saxes et venant se réfugier en Bretagne.

Ma lignée paternelle est basée sur l'étude patrilinéaire chromosomique Y-DNA.

Les différentes émigrations venaient d'Angleterre mais de différentes ethnies celtes différentes, ayant des racines communes avec les irlandais. Comment déduis-je que je suis plus irlandais qu'anglais dans ces 49% ? Il faut regarder l'haplogroupe masculin Y-DNA. 23andMe a déterminé que mon haplogroupe est R1b1b2a1a2f* (un sous-groupe de R1b1b2) dont les lieux ont été recensés il y a environ 500 ans.

23andMe défini ce groupe comme tel :

"Les haplogroupes paternels sont issus de la famille des chromosomes Y qui remontent tous à une seule mutation à un endroit et à un moment spécifique. En regardant la répartition géographique de ces lignées liées, nous déterminons la migration de nos ancêtres masculins à travers le monde."

Haplogroupe : R1b1b2, un sous-groupe de R1b1.
Age : 17000 années.
Région : Europe.
Exemple: populations irlandaise, basque, britannique et française.
Point fort : le groupe R1b1b2 est l'haplogroupe le plus courant en Europe occidentale, avec des branches distinctes dans des régions spécifiques.

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b1 - Carte fournie par 23andMe

 

J'ai fouillé sur d'autres sites spécialisés pour en apprendre plus sur le groupe R1b1b2a1a2f*, j'ai découvert que cette notation est vieille de l'an 2010 et que depuis non seulement la notation a changé mais aussi qu'il y a plus d'analyses faites en apportant plus de précisions sur les origines. Les notations sont définies par l'International Society of Genetic Genealogy (ISOGG) :

Évolution du groupe R1b1b2a1a2f

R1b1b2a1a2f (ISOGG 2009, 2010) L21/M529/S145
R1b1a2a1a1b4 (ISOGG 2011) L21/M529/S145
R1b1a2a1a1b3 (ISOGG 2012) L21/M529/S145, L459
R1b1a2a1a2c (ISOGG 2013)  L21/M529/S145, L459, Z290 (Voir l'arborescence du groupe R)

Il existe un outil en ligne permettant de connaître l'évolution du groupe en fonction de l'année du standard, il faut au préalable connaître le nom générique SNP de votre groupe, ici R1b1b2a1a2f correspond à L21 : SNP/Haplogroup Converter

Le nom exact est donc R1b1a2a1a2c - L21/M529/S145,L459,Z290. Le groupe L21 est une branche celtique atlantique, qui serait le sous groupe "Irlandais de type 4", 23andMe n'est donc pas à jour.

Le site Eupedia donne une répartition géographique de l'haplogroupe L21-Rb1 avec l'Irlande comme étant le principal foyer originel de cette mutation, s'étendant en Écosse, en Angleterre, au Pays-de-Galles, en Bretagne, au Pays Basque et en Islande.

Répartition géographique de l'haplogroupe L21-Rb1 - Eupédia

Passons aux vues chromosomiques (vue spéculative), là ça devient intéressant. En choisissant l'origine ethnique, je vois que tous les chromosomes ont des traces britanniques et irlandaises sauf les chromosomes 19 et X. Première constatation : ma lignée matrilinéaire n'aurait aucune origine britannique et/ou irlandaise, je remonte à Jeanne Le Meitour (b. 1666 Plougoumelen Morbihan - d. 1733), fille de Jacques Le Meitour et de Marguerite Marion (mariage non trouvé). Voilà une piste intéressante ! Marguerite Marion ne serait pas issue du famille celte.

La vue ci-dessous confirme l'origine française/allemande du chromosome X

Les petits 2.2% et 0.5% d'Europe du Sud me surprennent un peu (je ne montre que ceux issus de la péninsule ibérique), seuls 4 chromosomes sont concernés (2 ibérique et 2 sarde), mais il a dû arriver un moment où mes ancêtres sont passés par le bassin méditerranéen. Toutefois j'ai une branche ibérique à confirmer : j'aurai à la génération 26 pour ancêtre Bérengère de Castille, fille de Alphonse IX de Castille (dit El Borboro) et d'Aliénor d'Angleterre.


Ma lignée maternelle est basée sur l'étude matrilinéaire chromosomique mtDNA. 23andMe me donne comme résultat d'analyse l'haplogroupe U3.

"Les Haplogroupes maternels sont des familles de types d'ADN mitochondrial que tous remontent à une seule mutation à un endroit et un moment donné. En regardant la répartition géographique des types mtDNA, nous apprenons que nos anciens ancêtres féminins ont migré à travers le monde."

Haplogroupe : U3, un sous-groupe de R.
Age : 45000 années.
Région : Caucase, Proche-Orient, les Balkans.
Exemple Populations : bulgares, adyguéens, jordaniens, roms.
Point fort : U3 déplacé vers l'Europe occidentale avec les premiers agriculteurs.

Répartition géographique de l'haplogroupe U3 - Carte fournie par 23andMe

23andMe décrit l'histoire de l'haplogroupe U3comme suit :
"L'origine du groupe U3 remonte aux humains modernes de l'Afrique et dans le Proche-Orient il y a environ 45000 ans. Les deux sous-groupes de U3, appelés U3a et U3b, semblent provenir il y a plus de 21000 ans avant la dernière ère glaciaire. Beaucoup de personnes portant le groupe U3 occupent encore cette patrie ancestrale. Le groupe U3 est porté par environ 40% des Jordaniens de la Mer Morte et par 5% dans les autres populations de la péninsule arabique. La fréquence particulièrement élevée de U3 dans la population jordanienne est probablement due à la croissance de la population à partir seulement de quelques individus. De même, les groupes dans les montagnes du Caucase comme l'Ayguée et le Nogay conservent des niveaux élevés de U3 (5-15%), mais ont très peu de diversité génétique dans le groupe U3, indiquant un événement fondateur récent.

Après son origine dans le Proche-Orient, U3 était probablement présent dans certains des premiers agriculteurs qui, après l'adoption de l'agriculture et du bétail blé / troupeaux de moutons, a commencé à s'éloigner du Croissant Fertile. Un groupe peut avoir porté haplogroupe U3 en Asie centrale et en Inde. Un autre groupe susceptible dirigé l'Ouest à travers la Turquie dans le continent européen il y a environ 12000-8000 ans. L'haplogroupe U3 est relativement rare en Europe continentale aujourd'hui, atteignant des niveaux supérieurs à 1% dans certaines populations italiennes et ibériques.

L'haplogroupe U3 est plus fréquent chez les Roms, aussi connus comme les Tsiganes. Les Roms ont migré vers l'Europe du sud-est de l'Inde du Nord au cours du Moyen Age, et s'est ensuite propagée à travers le continent. Comme ils se sont rarement mariés avec d'autres Européens, ils ont conservé les signatures de cette migration vers l'ouest.

Jusqu'à 55% des Roms ont aujourd'hui l'ADN mitochondrial appartenant à U3. Cet haplogroupe se retrouve dans les groupes Roms espagnols, lituaniens et polonais."

Voila qui est surprenant, ce résultat ne donne aucune racine celte ! Si mon ancêtre féminin connue le plus lointain était originaire du Morbihan en 1666, sa mère ne porte pas un nom breton en tant que tel, alors depuis combien de temps ses ancêtres sont implantés en Bretagne ? Quel cheminement ont connu ses ancêtres pour passer du bassin méditerranéen en Bretagne ?

J'émets une réserve sur le résultat après le parcours rencontré pour ma branche maternelle dont 23andMe qui manque de précision. PhyloTree.org donne les dernières analyses des descendances de ce groupe mais sans donner de précision géographique. J'ai pu malgré tout obtenir une précision supplémentaire : j'ai téléchargé mes données brutes (raw data) depuis 23andMe que j'ai passées au travers d'un utilitaire trouvé en ligne sur le site de à James Lick dont la dernière version de conversion date de septembre 2012. En plus de confirmer que mon haplogroupe est U3, j'obtiens une descendance supplémentaire U3a'b dont les markers sont A2294G  T4703C  G9266A, toutefois j'ai d'autres markers d'extra 6032A 11257T 16126C 16248T 16526A qui ne correspondent ni à U3a ni à U3c ! Aurai-je une 3ème branche à l'haplogroupe U3a'c ?

 

Conclusion :

Si je ne peux confirmer que ma lignée paternelle est issue d'un groupe ethnique irlandais, écossais ou anglais, je peux au moins confirmer que j'ai des racines communes au groupe celte. D'autres nouvelles informations sont disponibles avec des analyses récentes permettent de discriminer les descendances irlandaises (DF13) et écossaises (DF63) que 23andMe est pour l'instant incapable de faire.

 

 

Il reste aussi le questionnement sur ma lignée maternelle dont je ne peux peux faire de lien entre une ancêtre du dix-septième siècle en Bretagne (Marguerite Marion à la onzième génération) avec un groupe ethnique caucasien d'il y a au minimum 8000 ans. J'aimerai quand même trouver un descendant de cette ancêtre capable de faire une analyse mtDNA pour confirmer cette descendance et que Marguerite Marion aurait des origines caucasiennes.

Il y a donc une grande chance pour que je fasse une deuxième analyse plus poussée pour affiner ma branche paternelle et pour ancrer le plus possible ma branche maternelle à un groupe plus récent. Rendez-vous dans quelques mois, ce n'est pas prévu à court terme dans mon programme, mais cette expérience a été fascinante !

 

  Et vous, êtes-vous intéressé par un test A.D.N. ? Avez-vous fait un test A.D.N. ?

 

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Commentaires   

 
0#Alexandre09-05-2014 09:32
Bonjour,

Je viens de tomber sur votre article sur le test génétique : je l'ai fait également (projet genographic).
Avec un plus vieil ancêtre à l'ouest Mayenne en 1600, je suis également R1B-L21.
Comme vous, je me demande maintenant si je suis celte "d'outre-mer" ou pas..
Pour la lignée maternelle (bretonne pour ma part), je suis H5a2 qui n'est pas non plus typiquement celte (mais existe t il un groupe féminin typiquement celte?!?).
Bonne journée
Alexandre
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0#Hervé17-03-2014 20:07
Citation en provenance du commentaire précédent de Mahé :
Bonjour.

Suite à cela

"Il reste aussi le questionnement sur ma lignée maternelle dont je ne peux peux faire de lien entre une ancêtre du dix-septième siècle en Bretagne (Marguerite Marion à la onzième génération) avec un groupe ethnique caucasien d'il y a au minimum 8000 ans. J'aimerai quand même trouver un descendant de cette ancêtre capable de faire une analyse mtDNA pour confirmer cette descendance et que Marguerite Marion aurait des origines caucasiennes."

pouvez-vous me contacter pour plus amples renseignements?

Meilleurs vœux pour 2014.

manuel Mahé
Bonjour Manuel, votre commentaire m'a échappé !

Aurions-nous cette ancêtre commune ?
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0#Hervé17-03-2014 20:06
Citation en provenance du commentaire précédent de Jean-Michel GIRARDOT :
Très intéressant, mais en fait cette analyse génétique vous apporte-t-elle plus que ce que vous pouvez connaître par la généalogie et aussi par l'histoire elle-même ?
En fait cela m'apporte une certaine confirmation de ce je je supposais (on ne sait jamais, une adoption en cours de route, etc.), mais attention tout de même, cette branche ne concerne que ma branche paternelle.Citation en provenance du commentaire précédent de Jean-Michel GIRARDOT :
... Me permettrai-je de rappeler que "celte" désigne avant tout un groupe de langues et une unité culturelle et non pas biologique ?...
Hum, j'ai tendance à croire que le type ADN celte existe bien, les différentes mutations montrent les différents types de groupes celtes. On différencie un Écossais d'un Irlandais...
" ...R1b1a2a1a2c - L21/M529/S145,L459,Z290. Le groupe L21 est une branche celtique atlantique, qui serait le sous groupe "Irlandais de type 4" "
Citation en provenance du commentaire précédent de Jean-Michel GIRARDOT :
.. vous trouvez en Bretagne une ancêtre qui ne serait pas celte...
oui de ma branche maternelle, la mère de la mère... de ma mère. Le groupe U3 n'a pas encore été suffisamment étudié pour avoir plus de précision, et son groupe ethnique origine est ROM. Mais de quelle époque ? Il va falloir encore quelques années pour en savoir un peu plus.
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+1#Jean-Michel GIRARDOT14-03-2014 11:07
Très intéressant, mais en fait cette analyse génétique vous apporte-t-elle plus que ce que vous pouvez connaître par la généalogie et aussi par l'histoire elle-même ? Si j'ai bien compris, vous trouvez en Bretagne une ancêtre qui ne serait pas celte. Me permettrai-je de rappeler que "celte" désigne avant tout un groupe de langues et une unité culturelle et non pas biologique ? N'oublions pas non plus que les soldats romains ont occupé la Gaule !
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0#Mahé18-01-2014 10:25
Bonjour.

Suite à cela

"Il reste aussi le questionnement sur ma lignée maternelle dont je ne peux peux faire de lien entre une ancêtre du dix-septième siècle en Bretagne (Marguerite Marion à la onzième génération) avec un groupe ethnique caucasien d'il y a au minimum 8000 ans. J'aimerai quand même trouver un descendant de cette ancêtre capable de faire une analyse mtDNA pour confirmer cette descendance et que Marguerite Marion aurait des origines caucasiennes."

pouvez-vous me contacter pour plus amples renseignements?

Meilleurs vœux pour 2014.

manuel Mahé
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0#Hervé03-12-2013 13:30
Citation en provenance du commentaire précédent de Evelyne ACHON :
Quand la science explique nos origines via notre ADN... Bluffant !
La généalogie n'a pas fini de nous surprendre ! :-D
Je suis persuadé que d'ici une dizaine d'années on aura encore plus de précision, mais la règlementation de certains pays interdisant ces analyses freine les avancées. Plus le plus grand nombre d'échantillons est important sur une population, meilleur est le résultat ! Faudrait que les gouvernements comprennent ça... et que les entreprises faisant les analyses ne font que ça, c'est à dire que la recherche généalogique sans proposer des examens de santé, de paternité, ou autre.
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+1#Evelyne ACHON02-12-2013 17:05
Quand la science explique nos origines via notre ADN... Bluffant !
La généalogie n'a pas fini de nous surprendre ! :-D
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