Hier c'est de l'histoire
Demain est un mystère
Aujourd'hui est un cadeau
C'est pourquoi on l'appelle Présent

Jdan Noritiov

 

Sages-femmes en Nouvelle-France

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Sages-femmes en Nouvelle-France

Yann Tiersen, Sur le Fil
Album : Le Phare

 

Au début de la colonie française en Amérique du Nord, il n'y avait pratiquement que des hommes à travailler en ce milieu hostile pour l'époque dont la colonie ne faisait que d’exploitation du commerce des fourrures, il a fallu fournir aux cultivateurs célibataires, qui ont immigré, des femmes pour fonder une famille et avoir des enfants. Plusieurs jeunes filles ont émigré et recevaient une dot du Roi de France qui comprenait des objets utiles à leur nouvelle vie. Orphelines, filles de condition modeste, sans fortune, ces jeunes femmes arrivent dès le 22 septembre 1663 pour peupler la Nouvelle-France. Celles établies à Montréal ont été accueillies par Marguerite Bourgeoys. Elles sont environ 800 à être envoyées en Nouvelle-France. Dix ans plus tard, elles avaient fait tripler la population.

Envoyées par le roi de France Louis XIV à la demande de l’intendant Jean Talon, ces filles avaient en général entre 15 et 30 ans. Elles venaient pour la plupart des orphelinats des villes côtières telles que Honfleur, Dieppe ou La Rochelle, des Hôpitaux généraux de Paris, des hospices où étaient gardés les pauvres, les enfants abandonnés, etc. Elles débarquaient avec une dot du roi (qui était généralement une draperie et quelques articles ménagers), et six mois plus tard, ces filles étaient généralement mariées elles se faisaient, et se font encore, appeler les Filles du Roy dont les Commémorations du 350e anniversaire du premier contingent de Filles du Roy se font cette année - 1663-2013. Parmi les 800 femmes arrivées en Nouvelle-France, il y a aura parmi elles deux accoucheuses, c'est bien peu pour toutes ces jeunes filles sans aucune connaissance de la vie de femme et de mère de famille.

(Les filles du Roy - Source : Film Le poil de la bête)

En 1666, lorsque Jean Talon eut fait son premier recensement, il y avait un peu plus d'un tiers de femmes dans la colonie (3215 habitants dont 2034 hommes et 1181 femmes). Les sages-femme sont des femmes de colons, de bourgeois et même d'aristocrates que les autres femmes appellent à leur aide lors des accouchements. On les choisit la plupart du temps, en fonction de leur qualité d'esprit et de cœur, parce qu'elles ont un rôle autant psychologique, que social et médical à jouer.

Remontons un peu plus loin dans le temps, Étienne Lallemand prêtre officiant de Québec fait mention la première fois en Nouvelle-France d'une sage-femme sur l'acte de baptême de François Le Vasseur, il s'agit de Marguerite Langlois (onze fois ancêtre de Chloé aux générations 14 et 15), femme de maître Abraham.

 (source : registre de Notre-Dame-de-Québec - 1621-1679 vue 56)

La seconde fois fut Hélène Desportes femme de Noël MORIN, elle est quatre fois ancêtre de Chloé à la génération 14, l'acte fut entériné par Henri de Bernières premier curé de Notre-Dame-de-Québec ; en parcourant les registres de Notre-Dame-de-Québec, on verra qu'Hélène continuera d'être sage-femme jusqu'en 1672.

(source : registre de Notre-Dame-de-Québec - 1621-1679 vue 58)

Hélène transmettra son savoir à deux de ses filles Françoise et Louise (deux fois ancêtre de Chloé). Il y a là un signe du clergé qu'une femme peut et doit accoucher une autre femme, cette idée est récente pour l'époque : une femme peut ondoyer un enfant naissant en danger de mort, mais l'acte de baptême doit être fait ultérieurement par un prêtre. Si toutefois il y a des complications à la naissance, on fait appel au médecin de la seigneurie.

C'est à partir de la première application en Nouvelle-France de l'Ordonnance criminelle de 1691 que l'État intervient dans le domaine de la santé au Canada. Cette ordonnance départage le champ de pratique de la médecine en trois branches distinctes et autonomes, celle des médecins, celle des chirurgiens et celle des sages-femmes.

 

(Jean-Baptiste de la Croix de Chevière de Saint-Vallier)

La reconnaissance du clergé envers la profession de sage-femme a été faite par Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec et le fondateur de l'Hôpital général de Québec,  :

Serment des sages-femmes, 1703.

Article 31

Je, Nom, jure & promets à Dieu le Createur en vôtre presence, Monsieur, de vivre & mourir en la foi Catholique, Apostolique & Romaine, & de m’acquitter avec plus de fidelité & de diligence qu’il me sera possible, de la charge que j’entreprens, d’assister les femmes dans leurs couches, & de ne permettre jamais que ni la mere, ni l’enfant encourent aucun mal par ma faute & où je verrai quelque peril éminent, d’user du conseil & de l’aide des Medecins, Chirurgiens & des autres femmes que je connoîtrai experimentees & entenduës en cette fonction. Je promets aussi de ne point reveler les secrets des familles, ni des personnes que j’assisterai & de n’user d’aucun moyen illicite, sous quelque couleur ou pretexte que ce soit, par vengeance, ou mauvaise affection, &

Article  32

n’omettre rien de ce qui sera de mon devoir à l’endroit de qui que ce soit; mais de procurer de tout mon pouvoir le salut corporel & spirituel, tant de la mère que de l’enfant.

(Source: Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, Serment des sages-femmes, Rituel du diocèse de Québec publié par l’ordre de monseigneur l’évêque de Québec (Paris: Simon Langlois, 1703), p. 31-32.)

L'histoire ne s'arrête pas là, dans l'ordre :

Vers 1720-1740 (*) - Création d’un réseau structuré de sages-femmes en Nouvelle-France.

1760 (*) - La Nouvelle-France est sous le régime anglais. Les sages-femmes poursuivent leurs activités.

1788 (*) - Première loi médicale. Les sages-femmes reçoivent leur statut légal. Jusqu’en 1847, tant dans les villes que dans les campagnes, les sages-femmes exercent leur profession et peuvent même suivre des cours de formation auprès des médecins jusqu’en 1850.

(*) source : Maman pour la vie.

Parmi les ancêtre de Chloé, il y a eu aussi Gertrude Moral fille de Quentin Moral.

Sans elles il n'y aurait peut-être pas eu de Chloé, de Céline Dion ou de Jack Kerouak !

  Et vous, avez-vous une ou des sages-femmes comme ancêtres ?

 

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Commentaires   

 
0#Hervé22-04-2013 20:25
Citation en provenance du commentaire précédent de Elise :
Encore un bel article qui met les femmes à l'honneur :-)

J'ai eu pour ma part 3 sages-femmes parmi mes ancêtres, dans différents lieux et à des époques différentes.

Elise

PS : j'aime beaucoup la petite citation en haut du blog
Merci Elise, c'est la journée de la Terre aujourd'hui, notre terre maternelle comme on dit, ça tombait bien !
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0#Elise22-04-2013 13:17
Encore un bel article qui met les femmes à l'honneur :-)

J'ai eu pour ma part 3 sages-femmes parmi mes ancêtres, dans différents lieux et à des époques différentes.

Elise

PS : j'aime beaucoup la petite citation en haut du blog
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